«cet arras-psg est gravé à jamais»

françois launay

— 

Dans la vie des joueurs d'Arras, il y a désormais un avant et un après PSG. Entrés dans la lumière en faisant douter les stars de la capitale dimanche en Coupe de France (3-4), les amateurs de CFA 2 se sont fait une tonne de souvenirs pour le restant de leurs vies. Tony Kociszewski, latéral gauche de 30 ans, revient sur cette aventure humaine avant de revenir sur terre.

G Le jour d'après. «Avec 24 heures de recul, il y a un sentiment de fierté, car on a réalisé un très bon match face au PSG. Lundi, j'ai pris une journée de repos. Je me suis levé à 11 h et je suis allé acheter tous les journaux au tabac. Comme ma photo était à la une, la vendeuse m'a reconnu. ça fait bizarre. Il y a encore beaucoup d'excitation. Et aussi beaucoup de souvenirs. Il y a quelques mois, ma femme m'avait offert pour mes 30 ans un album avec tous les articles sortis sur moi dans la presse régionale depuis le début de ma carrière. Rien qu'avec le match du PSG, je peux déjà en refaire un deuxième.»

G «C'est toi Twitter ?» «L'entrée sur le terrain a été un moment indescriptible. On essayait de chercher nos familles dans les tribunes mais on ne les trouvait pas tellement il y avait du monde. Sur le terrain, on discutait avec les joueurs du PSG à chaque temps mort. On négociait déjà les maillots (rires). Malheureusement, après le match, la sécurité du PSG nous a empêchés de rentrer dans le vestiaire. Mais j'ai quand même pu récupérer le maillot de Matuidi. Il y a trois semaines, après le tirage au sort, je lui avais envoyé un message sur Twitter pour lui demander son maillot. Je n'avais pas eu de réponse. Mais, quand on est rentré sur le terrain, il est venu me voir et m'a demandé :» C'est toi Twitter ? «. Et il me l'a donné après le match.»

G Retour à la réalité. «Je reprends le travail ce mardi à 7 h 45. Enfin, je risque de commencer à 9 heures car tout le monde va venir me parler. Je suis préparateur de commandes à l'usine Durisotti de Sallaumines, une société de carrosserie qui est aujourd'hui en redressement judiciaire. Ce n'est pas évident mais je me dis qu'en cas de licenciement, ma nouvelle notoriété pourrait m'aider à retrouver un emploi. Côté foot, on reçoit Grande Synthe ce week-end. ça va faire bizarre après le PSG. Maintenant, tous nos adversaires vont vouloir nous couper la tête. Mais cette aventure nous a aussi permis de trouver une solidarité. On a maintenant un point commun pour toute notre vie. Quoi qu'il arrive, cet Arras-PSG est gravé à jamais». ■