Chasse aux squatteurs à Wazemmes

Gilles Durand

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La mobilisation va-t-elle faire reculer les actes de délinquance ? Depuis plus de deux semaines, une trentaine de locataires de la résidence Charles-Six à Lille-Wazemmes se relaient pour monter la garde, le soir, dans le hall de leur immeuble qui héberge 430 personnes. « Les gens en avaient marre de voir des jeunes squatter là chaque soir, se livrer à des trafics en tous genres et salir par terre », souligne Joseph Sabé, porte-parole du mouvement. « On ne fait pas la loi, on veut juste retrouver notre tranquillité », ajoute Youcef, un locataire excédé.

« C'est plus calme qu'avant »


L'initiative n'a pas tardé à faire réagir le bailleur LMH qui, depuis le 26 décembre, a décidé de poster aussi en permanence deux agents d'ambiance, après-midi et soir, devant la résidence. « Le temps que la situation se calme », précise-t-on chez LMH qui avoue qu'une mobilisation similaire des locataires s'est déjà produite, il y a quelques années, dans une autre résidence lilloise. « Il ne faut pas se leurrer, raconte Norredine. Quand les agents partent à 1 h du matin, il y a encore des jeunes qui viennent, mais c'est quand même plus calme qu'avant. »

Un calme qui, dimanche soir, était encore tout relatif autour de la résidence. « Ils nous narguent et nous menacent, mais de loin », lance Hocine. « Les gens que je croise nous disent qu'on est courageux de faire ça, mais certains craignent encore les représailles », témoigne une locataire.

« Que les habitants s'investissent pour que leur espace de vie soit respecté est une démarche normale et leur cohésion va forcément rendre les choses plus difficiles pour les délinquants », note Didier Perroudon, directeur départemental de la sécurité publique. La police, de son côté, était en alerte depuis le mois de septembre sur les problèmes liés à cette résidence. « Nous avons reçu, en trois mois, quinze appels police secours pour dénoncer certains agissements et le bailleur LMH nous avait signalé des incidents. Une enquête est en cours, mais aucun des faits de vente de drogue n'est, pour l'instant, établi », tient à relativiser le patron de la police départementale. ■

■ Zone de sécurité prioritaire

A un pâté de maisons près, la rue d'Arcole, où se trouve la résidence Charles-Six, n'est pas située en zone de sécurité prioritaire, définie par le ministère de l'Intérieur. Idem pour la rue du Mont-à-Leux qui ne figure pas dans les trois quartiers de Wattrelos en ZSP. « Ce n'est pas pour autant qu'on ne va patrouiller dans ces quartiers », précise la police.