Sylvain Stanesco : «Notre combat est loin d'être fini»

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Sylvain Stanesco, salarié pendant 22 ans chez Alstom-Stein à Lys-lez-Lannoy, ancien responsable du comité hygiène et sécurité (CHSCT).

Alstom a été condamné à 75 000 e d'amende et 1 520 000 e de dommages et intérêts cumulés, le directeur du site a écopé de neuf mois de prison avec sursis et 3 000 e d'amende. Que vous inspirent ces peines maximales ?

Vous savez, voir partir un copain de 47 ans dans une boîte en sapin, c'est terrible. Ces peines sont donc une reconnaissance, même si elle est tardive, du combat que nous menons tous depuis sept ans. Et surtout, cela affirme enfin la responsabilité des employeurs qui exposent sciemment leurs employés à l'amiante.

N'était-ce pas déjà le cas ?

Non, jusqu'à présent les politiques et les patrons considéraient qu'il n'y avait qu'une sorte de responsabilité diffuse, que c'était quasiment la faute à personne. J'espère que ce jugement va les réveiller.

Quelle est la condamnation la plus importante pour vous ?

Celle d'Alstom, que l'on frappe enfin au portefeuille. Il n'y a que comme cela qu'ils peuvent comprendre.

Qu'est-ce qui a fait la différence sur votre dossier ?

La solidarité. Les salariés et les syndicats [CFDT et CGT] se sont toujours serré les coudes. Contrairement à la tendance actuelle, d'ailleurs.

Espérez-vous que ce premier jugement favorable soit suivi par d'autres tribunaux ?

Bien sûr, on pense aux copains d'autres entreprises, aux veuves de Dunkerque. Mais les procédures sont trop longues, et pendant ce temps les gens exposés meurent de maladie, à 62 ans en moyenne. Notre combat n'est pas fini d'ailleurs, loin de là.

Vous vous attendez à ce qu'Alstom fasse appel ?

Bien sûr, mais on ira jusqu'au bout, on les poursuivra jusqu'en enfer s'il le faut !

Recueilli par Olivier Aballain