L'apprentissage de la peur du chômage

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Ce n'est pas encore l'heure des bulletins de notes mais c'est déjà celle des incitations à rejoindre les filières par apprentissage. Dans le public, dix-sept nouvelles sections viennent d'ouvrir. Elles sont destinées à des jeunes soucieux de mettre en pratique dans les entreprises la théorie acquise dans les salles de cours. S'ils sont aujourd'hui 17 300 à avoir choisi cette voie dans la région, ils ne sont pas encore assez pour permettre au Nord de résorber son retard par rapport au reste de l'Hexagone. « Le terrain est moins propice ici en raison du chômage plus élevé, explique Martine Filleul, vice-présidente (PS) en charge de l'Apprentissage à la région. Les entreprises ont du mal à recruter, que ce soit en apprentissage ou dans un autre secteur. »

Avec un objectif de 30 % de hausse dans les cinq prochaines années, l'élue semble avoir pris le taureau par les cornes. Son argumentaire est simple mais efficace : l'apprentissage offre du boulot. La perspective d'un emploi suffisait, hier, à convaincre Lisa, qui faisait sa rentrée sur le campus des métiers de La Poste à Villeneuve-d'Ascq : « J'ai déjà bossé comme factrice en remplacement. J'ai choisi cette formation pour être vraiment sûre d'avoir du travail dans deux ans. » Si les taux d'insertion dans le monde professionnel sont élevés à l'issue des cours, « ils le sont en revanche un peu moins cinq ans après », explique Jacques Cretel, secrétaire académique du Syndicat national de l'enseignement technique (Snetaa). La seule fausse note à ce tableau d'honneur.

V. Vantighem

L'apprentissage marche fort dans le privé. En témoignent les effectifs de l'Ensait, l'Ecole des industries textiles de Roubaix, qui accueille aujourd'hui 23 nouveaux apprentis à cette rentrée, contre 11 l'an dernier.