Usines recherchent salariés

Gilles Durand

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Des stagiaires de plusieurs entreprises de BTP, formés au Lycée Baggio de Lille. (Archives)
Des stagiaires de plusieurs entreprises de BTP, formés au Lycée Baggio de Lille. (Archives) — M.Libert / 20 Minutes

Mobilisation générale pour promouvoir les métiers de l'industrie. La semaine dernière, une caravane présentait à environ 500 élèves de la métropole lilloise les vertus des métiers de l'industrie via des contenus ludiques interactifs*. Une opération menée par l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM) et le rectorat, face à une situation jugée alarmante. « Dans la région, quatre mille emplois sont vacants chaque année pour cause de départ en retraite ou de changement de compétence, précise Patrice Pennel, président régional du Groupe des fédérations industrielles. Or les entreprises ont toutes les peines du monde à trouver des candidats. »

Sensibiliser les enseignants
En cause, la mauvaise image que traîne l'industrie. « On parle toujours des plans sociaux et des fermetures d'usines, mais il faut savoir que la plupart des entreprises industrielles sont des PME, souligne Patrick Bourghelle, de l'UIMM Lille. » Dans la métropole lilloise, 658 entreprises de métallurgie sont répertoriées, dont 400 ont moins de dix salariés. Au rectorat, on se veut optimiste. « Lors des dix dernièers années, la filière technologie industrielle a perdu 40 % de ses effectifs dans l'académie de Lille. Mais cette année, le nombre d'élèves a augmenté d'une centaine », note Myriam Mazerak, déléguée académique à la formation professionnelle. Pour sensibiliser les enseignants, une lettre d'information a été envoyée le mois dernier pour « changer l'image de l'industrie auprès des élèves ».
Le défi est de taille. Au niveau régional, sur les 4 710 places ouvertes dans les centres de formation dans le secteur de l'industrie, seules 2 535 sont pourvues, soit un peu plus de la moitié seulement. L'ambition du conseil régional était d'atteindre 40 000 apprentis par an. Or le nombre stagne à 22 000 depuis deux ou trois ans, malgré la politique volontariste de la région, comme en témoigne l'opération annuelle de promotion, Les Olympiades des métiers. « Il y a des métiers en tension comme la chaudronnerie ou la maintenance industrielle, témoigne-t-on au rectorat. Les entreprises proposent des places, sans succès. »