La vie de chine de Jacky la Brocante

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« La Braderie ? J'ai commencé à y aller en poussette. Pour mes parents c'était incontournable. » Antiquaire professionnel, Jacky Marquet, dit « Jacky la Brocante », n'a pas failli à la tradition familiale. Allant jusqu'à se marier un premier week-end de septembre et à donner naissance à sa fille « le lendemain d'une Braderie ».

Chaque année, il prend ses quartiers dans le secteur réservé aux brocanteurs pour y vendre ses meubles, sculptures et ferrailles transformés dans son atelier de Moulins. « Les premières années, je m'installais rue de Maubeuge. Je n'avais pas de place sur le boulevard Lebas. Il m'a fallu dix ans pour en obtenir une ! » A cette époque, pour Jacky Marquet, la Braderie commençait huit jours avant la date officielle. Quand il installait son camion sur un emplacement pour le conserver. « Je dormais dedans. On faisait tous du camping. Ça me manque. Maintenant, c'est plus réglementé. Il suffit de réserver. »

Si « la Braderie n'a jamais perdu son âme », la frayeur a été grande, il y a deux ans, lors de l'aménagement du parc Lebas entraînant la suppression d'un secteur historique. « L'ambiance est vite retombée. Aujourd'hui, ça commence à revenir. » Pour cela, il est aidé par des amis antiquaires issus des quatre coins de la France. « On vieillit, alors on ne va plus à Paris, à Marseille pour voir les uns et les autres. Du coup, on se retrouve seulement à Lille. Et on rigole bien. » Et les affaires ? « Ça, c'est une autre histoire ! On est loin de gagner ce qu'on gagnait il y a dix ans. On y va vraiment pour les copains. »

Fanny Bertrand

Demain : la gérante du restaurant Aux Moules.

Cette année, le périmètre réservé aux brocanteurs a été étendu. Ils seront 300 à s'installer sur le boulevard Jean-Baptiste-Lebas, rue du Réduit et sur une partie du boulevard Louis-XIV. Ils étaient 180 en 2005.