Tensions autour des camps de Roms

Gilles Durand

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Le campement Rom, à côté de la résidence universitaire Bachelard, à la Cité scientifique.
Le campement Rom, à côté de la résidence universitaire Bachelard, à la Cité scientifique. — M.Libert / 20 Minutes

La situation n'est pas nouvelle, mais elle exaspère de plus en plus. Les installations sauvages de campements Roms sur le domaine universitaire de la Cité scientifique, à Villeneuve-d'Ascq, font monter la tension. En début de mois, le maire (DVG) de la commune, Gérard Caudron, avait parlé de « climat de guerre civile » dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur. La semaine dernière, c'est le président de l'université de Lille-I qui montait au créneau pour demander, lors d'une réunion avec la préfecture, l'évacuation des camps. En cause, les dégradations et les agressions multiples, selon certains témoignages. Un phénomène en augmentation ? Difficile à dire : la police et la préfecture n'avaient aucun chiffre à communiquer sur le sujet lundi. Seule certitude, les pétitions circulent au sein de la résidence universitaire Bachelard qui jouxte un camp d'une dizaine de caravanes.
« J'ai surpris des jeunes du camp en train de fracturer des véhicules sur le parking il y a quelques jours, alors j'ai appelé la police, mais ils sont arrivés trop tard », témoigne un ancien locataire. Un agent du Crous, sur place, fait le compte des dégâts. « Les poubelles sont systématiquement vidées au sol, les fils électriques dénudés et les portes d'entrées défoncées, constate-t-il. On se sent impuissants. Le service de sécurité du campus est dépassé, car certains Roms se montrent agressifs. »
Pour l'Areas, association qui intervient sur le terrain auprès des Roms, « on a laissé pourrir la situation ». « Le travail de médiation devient de plus en plus difficile, car la domiciliation et la scolarisation, qui participent de la paix sociale, sont en panne. On sent un mécontentement vis-à-vis de nos travailleurs sociaux », avoue son directeur Patrick Vigneau. Sentiment confirmé par Anca, une Rom qui vit en caravane dans la métropole lilloise depuis quatre ans et demi. « Je suis très en colère, car la préfecture me refuse toujours ma demande de logement. Je ne comprends pas pourquoi », glisse-t-elle. Les agressions ? « Je ne connais pas les familles qui font ça. Nous, on respecte les gens. On a trop peur d'être expulsés ».