VRU : les dérapages en série énervent les élus

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Deux camions, ça va. Trois, bonjour les dégâts. Après un troisième dérapage de poids lourd en trois jours sur la voie rapide urbaine (VRU) au niveau de Lille-Fives, plusieurs élus métropolitains sont sortis de leurs gonds hier. En cause, selon Eric Quiquet (Verts) et Christian Decocq (UMP), « le manque de réactivité » de la DDE, sommée de sécuriser le parcours des poids lourds autour de Lille. Le même virage en pente descendante avait déjà connu, lundi et mardi, deux accidents similaires, dont un mortel. « Il faut interdire la VRU aux poids lourds qui vont en Belgique et les faire passer par Baisieux via l'A27 », répètent en choeur les élus. Une proposition qui fait bondir les routiers.

Pour les Verts, l'accès à la voie rapide en provenance du périphérique, près de Fives, est au coeur du débat : « Et si un accident implique un jour un camion de matières dangereuses, en pleine zone d'habitation ? L'absence de réaction de l'Etat s'apparente à de la non-assistance à personne en danger. » Christian Decocq, lui, estime que « l'administration [nous] mène en bateau en rejetant le problème sur les chauffeurs belges ». La DDE soutient en effet ne rien pouvoir faire sans nos voisins, qui gèrent l'accès à la métropole dans l'autre sens. « Obliger les poids lourds à contourner la zone urbaine dans un sens, mais pas dans l'autre, est idiot », s'exclame Jean-Louis Hélary, directeur de la DDE. Problème : les deux courriers envoyés en novembre 2005 aux ministres belges concernés sont restés sans réponse. En attendant, la DDE a obtenu l'installation d'un radar automatique d'ici à la fin 2006 et a renforcé hier la signalisation du virage mortel. « Le camion accidenté ce matin [hier] roulait à 88 km/h au lieu de 70, conclut Jean-Louis Hélary. Si l'on respecte la loi, on ne dérape pas à cet endroit. »

Olivier Aballain

Sur les 18 000 camions qui traversent la métropole chaque jour, 80 % ne s'y arrêtent pas et 500 transportent des matières dangereuses sur la VRU.