Chasse au microbe au CHRU

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La première place du centre hospitalier universitaire
(CHRU) de Lille au palmarès Le Point, paru en juin,
des hôpitaux de France n’est pas due au hasard. Pour preuve : l’efficacité d’un service clé dans la lutte contre
les infections nosocomiales, l’unité de désinfection et de stérilisation des instruments de soin et de chirurgie. «Tout a été modernisé à partir de 1997 », précise Christine Denis, responsable du service, qui compte 50 personnes au total. Aujourd’hui, à la sortie de l’unité, il n’y a qu’une chance sur un million qu’il reste une bactérie sur un instrument ! Mais avant d’en arriver là, les 20 mètres cubes d’instruments traités
par jour subissent un traitement draconien. Déjà préalablement nettoyés au bloc opératoire, les instruments passent d’abord à la désinfection : cinq machines à laver la vaisselle un peu spéciales nettoient les instruments à 93 °C pendant trois minutes, avec de l’eau ultrapure. Les pièces délicates
sont, elles, lavées à la main. Le tout passe ensuite au service de stérilisation. On entre là dans une zone de contamination minimale, où le personnel porte des tenues spéciales. Les infirmières de bloc opératoire y trient les instruments pour recomposer les « boîtes à outils » des chirurgiens. Spécialité par spécialité, une cinquantaine de compositions différentes que ces petites mains doivent connaître sur le bout des
doigts. Tout est alors prêt pour la dernière étape, dantesque : neuf stérilisateurs, sortes de cocottes-minute géantes, lavent les instruments avec de la vapeur d’eau à 134 °C, pendant au moins 18 minutes. A la fin, une étiquette de traçabilité permet de contrôler que le cycle a bien été respecté. Le CHRU ne cesse d’améliorer ce système. Depuis quelques semaines, de petites puces électroniques permettent d’accompagner les instruments tout au long de la
stérilisation. « Cela nous aidera à isoler les instruments à risque dès la sortie du bloc opératoire», explique Christine Denis. Pour encore plus
de sécurité.

Olivier Aballain