Nouvel incendie à Roubaix : cinq morts

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Cinq personnes - dont une fillette et une adolescente - ont été tuées et neuf blessées, dont deux grièvement, dimanche matin dans l'incendie d'une vieille maison du Nord divisée en chambres meublées, dans un quartier populaire de Roubaix (Nord).
Cinq personnes - dont une fillette et une adolescente - ont été tuées et neuf blessées, dont deux grièvement, dimanche matin dans l'incendie d'une vieille maison du Nord divisée en chambres meublées, dans un quartier populaire de Roubaix (Nord). — Philippe Huguen AFP

L’immeuble était-il insalubre ? L’incendie est-il d’origine criminelle ? Une seule certitude jusqu’à présent : avec cinq personnes décédées et neuf blessées, dont deux grièvement, le nouvel incendie
qui a frappé Roubaix hier est un drame qui exige
des explications.D’autant que la ville n’a pas oublié les quatre victimes d’un incendie d’origine criminelle survenu il y a moins d’un an durant les émeutes urbaines. Il était environ 5 h du matin hier lorsque les voisins de l’immeuble situé au 84, boulevard de Beaurepaire ont été réveillés par les cris de locataires
en proie à la panique, au deuxième et dernier étage du bâtiment. Un incendie, vraisemblablement parti du couloir au rez-de-chaussée de l’immeuble, a gagné l’étage à toute vitesse via la cage d’escalier. Passant par les toits ou se jetant par la fenêtre, plusieurs locataires ont pu se sauver avant l’arrivée des pompiers. Mais le bilan est très lourd : cinq morts dont une enfant de trois ans et neuf blessés, dont une petite fille de quatre ans en réanimation au CHRU de Lille. L’immeuble, qui comptait quatorze chambres meublées sur une très petite surface, abritait
une vingtaine de locataires. Dans une atmosphère « parfois tendue », selon le voisinage de cet ancien café reconverti en logements. « Les chambres sont minimales, autour de neuf mètres carrés », a précisé Renaud Tardy, adjoint (PS) au maire de Roubaix. « Un bien petit immeuble pour beaucoup de personnes », a confirmé le procureur de la République de Lille. En attendant l’ouverture d’une information judiciaire, deux personnes ont été placées en garde à vue dès hier,
dont le propriétaire des lieux. « Nous devons déterminer la conformité de l’immeuble aux règles de sécurité », expliquait hier Philippe Lemaire. Mais
« si le feu a pris dans le couloir, ce que l’enquête devra déterminer, il n’a pas pris tout seul », précisait-il, pointant un éventuel acte de malveillance. Plusieurs
autres placements en garde à vue sont d’ailleurs envisagés dans le cadre de cette enquête.

Olivier Aballain