Ranger l'incendie aux oubliettes

Gilles Durand

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Après Les Restos du cœur il y a vingt ans, Lezennes accueille le dépôt du Secours populaire.
Après Les Restos du cœur il y a vingt ans, Lezennes accueille le dépôt du Secours populaire. — M.Libert / 20 Minutes

L'incendie sera bientôt de l'histoire ancienne. Presque deux ans après le sinistre qui avait ravagé leurs locaux à Roubaix, le Secours populaire a inauguré, mercredi, son nouveau dépôt départemental, dans la zone industrielle du Hellu, à Lezennes. Il s'agit de deux entrepôts, soit 8 000 m2, occupés auparavant par l'entreprise électronique Conrad et la banque BNP. Prochain investissement : l'achat une chambre froide.

Un achat à 100 000 €
« Nous nous sommes installés en avril avant de devenir propriétaires en août, raconte Jean-Charles Delporte, responsable logistique du site. Avec 13 % de familles nécessiteuses en plus cette année, l'installation définitive est vécue comme un soulagement. D'autant que l'opération immobilière n'a, au final, coûté que 100 000 € au Secours populaire. « Le remboursement de l'assurance nous a rapporté 1,2 million et la vente à Lille Métropole du terrain de Roubaix 700 000 €.Il nous manquait alors 100 000 € pour payer les 2 millions du bâtiment », calcule Jean-Louis Callens, président du Secours populaire du Nord. L'association a, par chance, bénéficié de nombreux soutiens pour redresser la barre. Les six premiers mois suivant l'incendie, Les 3 Suisses ont prêté un bâtiment à Toufflers, puis la Macif a déboursé le loyer d'un entrepôt provisoire à Wattrelos. « Trouver un lieu adapté et dans nos prix a été difficile », reconnaît Jean-Louis Callens.
Cette fois, l'association caritative a pris soin de souscrire une assurance sur les denrées. « Quand nous étions à Roubaix, il était impossible de les assurer car il s'agissait de dons, donc sans facture, assure le président. Visiblement, la règle a changé. » Le Secours populaire avait, lors de l'incendie, en décembre 2010, estimé à près de cinq millions les pertes alimentaires. L'association pourra définitivement tourner la page avant la fin de l'année avec le procès en appel des deux incendiaires présumés. L'an dernier, ils avaient écopé en première instance de 7 ans de prison ferme.