Kucheida entendu en garde à vue

Olivier Aballain

— 

Jean-Pierre Kucheida, mercredi à Douai.
Jean-Pierre Kucheida, mercredi à Douai. — M.Libert / 20 Minutes

Jean-Pierre Kucheida est arrivé un peu après sa fille Marie au commissariat de police de Douai, mercredi matin. Le maire (PS) de Liévin et sa fille ont été entendus en garde à vue par la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lille, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 6 mars sur des soupçons d'abus de confiance à la Soginorpa, organisme de gestion de logements sociaux qui rayonne sur l'ex-bassin minier.

Vers un procès

en correctionnelle ?
L'audition de Jean-Pierre Kucheida, président de l'organisme de 2004 à juin 2012, était prévue depuis plusieurs semaines. Elle devait se termener en début de soirée, mais une perquisition intervenue dans l'après-midi, à la mairie de Liévin et au domicile de Marie Kucheida, a probablement rallongé la journée, sans que l'on sache si des documents avaient été saisis. Les enquêteurs s'intéressent toujours aux 47 400 € de dépenses effectuées de 2004 à 2011 avec une carte business de la Soginorpa. Une somme que Jean-Pierre Kucheida estime pouvoir justifier intégralement, selon son avocat, Me Frank Berton.
La justice cherche également à comprendre dans quelles conditions Marie Kucheida a été payée en 2007 pour l'expo photo « Les enfants de la cité », réalisée sous le nom d'artiste « Maryka » et commandée par l'organisme dirigé par son père. Ce travail, qui incluait le tirage à 3 000 exemplaires d'un « livre de prestige » issu de l'exposition, aurait été réglé à l'artiste par l'intermédiaire de l'association Apepac en décembre 2007.
Contacté par 20 Minutes, le président d'Apepac a indiqué mercredi, « en accord » avec son conseil d'administration, que l'association n'avait « rien à voir avec tout cela ». A l'issue de la garde à vue, mercredi soir, Marie et Jean-Pierre Kucheida pouvaient être mis en examen ou relâchés sans acte supplémentaire. Mais il n'était pas improbable qu'ils soient directement convoqués, par procès verbal, devant le tribunal correctionnel, sans qu'aucune instruction judiciaire ne soit ouverte pour préciser les faits.