Des griefs plein les valises

Gilles Durand

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L'usine d'Hénin-Beaumont en grève, après la reprise avortée, en 2007.
L'usine d'Hénin-Beaumont en grève, après la reprise avortée, en 2007. — M.Libert / 20 Minutes

Elles en ont fabriqué pendant une vingtaine d'années à Hénin-Beaumont. Quatorze ex-salariées de l'usine Samsonite ont fait leur valise, vendredi, pour se rendre, pendant cinq jours, aux Etats-Unis. « C'est la première fois que je prends l'avion », avoue, stressée, Brigitte Petit, présidente de l'association AC Samsonite. Depuis 2007, date de la fermeture de l'usine, elle se bat avec ses collègues pour faire condamner ceux qui les ont licenciées. Elles ont déjà obtenu gain de cause en France. En juillet, la cour d'appel de Paris a confirmé les peines de prison infligées aux deux repreneurs de l'usine Samsonite pour avoir sciemment provoqué la faillite de l'entreprise.

Une grève médiatique
Mais l'avocat des salariés, Me Fiodor Rilov, compte poursuivre jusqu'aux Etats-Unis ceux qu'il accuse d'être responsables de cette liquidation, à savoir l'entreprise américaine et son fonds d'investissement Bain Capital. « Nous profitons d'une grève très médiatique aux Etats-Unis pour faire entendre la voix des ouvrières françaises », note-t-il. A Freeport, près de Chicago, les salariés d'une usine automobile, appartenant à Bain Capital, protestent contre la délocalisation en Chine de la production. Lundi, la délégation française manifestera avec les salariés américains devant le siège de Bain Capital à New York, « contre la finance internationale ».