Privée de travail par le rectorat

Gilles durand

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Sandrine Grenu ne peut plus enseigner mais veut travailler.
Sandrine Grenu ne peut plus enseigner mais veut travailler. — M. Libert / 20 Minutes

Travailler à l'Education nationale avec un handicap, un rêve inaccessible ? Depuis jeudi, l'académie de Lille a pourtant lancé une campagne de « sensibilisation » à l'emploi de personnel handicapé. Or, des paroles aux actes, il y a un fossé que le rectorat peine à combler. En témoigne une enseignante de la métropole lilloise qui se bat depuis la rentrée pour obtenir un poste adapté. Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a quatre ans, Sandrine Grenu est reconnue invalide à 80 %.

« Situation aberrante »
En septembre 2010, elle obtient un poste adapté de courte durée à l'inspection de Lille-I, puis au lycée Beaupré d'Haubourdin. « N'étant plus capable d'enseigner devant des élèves, j'ai dû me reconvertir », souligne-t-elle. Cette année, elle espérait bénéficier d'un poste longue durée (PALD) mais, faute de moyens financiers, le rectorat ne peut en proposer que six dans le Nord. Et elle est classée septième sur la liste des personnels prioritaires.
« Cette liste est définie par une commission qui mélange personnes handicapées et personnes malades », précise Sébastien Paris, délégué SUD-Education, qui suit le dossier. « Ces postes sont ouverts selon un pourcentage de la masse salariale, poursuit le syndicaliste. Or la masse salariale diminue avec les suppressions de postes. Les moyens alloués sont devenus ridicules par rapport au nombre de personnes concernées ». L'académie de Lille n'aurait donc pas les moyens des ambitions affichées dans sa campagne de com ? Contacté, le rectorat n'a pas souhaité s'expliquer sur cette contradiction.
« La situation est d'autant plus aberrante que je suis capable et que je veux travailler », assure Sandrine Grenu. Au lieu de cela, elle a été nommée dans une brigade de remplacement, alors qu'elle a des difficultés pour se déplacer. « On m'a dit que je n'avais d'autre solution que de me mettre en arrêt maladie pour continuer à toucher un salaire », raconte-t-elle. Un recours a déjà été refusé par la rectrice, un autre est resté sans réponse au ministère de l'Education nationale.