La région et Lille pointées du doigt

Gilles Durand

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Le conseil régional se classe 20e sur 22. Contactée, l'institution n'a pas souhaiter se justifier.
Le conseil régional se classe 20e sur 22. Contactée, l'institution n'a pas souhaiter se justifier. — M.Libert / 20 Minutes

La région Nord-Pas-de-Calais et la ville de Lille joueraient les enfants prodigues. Le magazine Le Point vient de dresser le classement des collectivités territoriales selon leur niveau de dépense en personnels : Lille se retrouve 31e (741 €/hab) sur 35 villes, et la région 20e (56 €/hab) sur 22. « C'est un sujet que j'évoque tous les ans lors du débat budgétaire, plaide Jean-Pierre Bataille, élu d'opposition (UMP). Nous pourrions gagner chaque année 100 millions en fonctionnement ». Selon lui, « le navire est un peu ivre », avec notamment des dépenses record en « charges diverses ». « Le train de vie de la région coûte 42 € par habitant, contre 30 € en moyenne ailleurs », accuse l'élu. L'opposition compte demander, en 2013, une mission d'information sur la gestion du personnel. Contacté, le conseil régional n'a pas souhaité s'exprimer.

Un écart qui se creuse
A Lille aussi, on constate une augmentation de ces dépenses. En 2002, la ville dépensait

580 € par habitant*, ce qui correspondait à la moyenne des villes de taille comparable.

« Aujourd'hui, l'écart est d'une centaine d'euros », dénonce Thierry Pauchet, conseiller municipal (NC). Une augmentation que justifie Pierre de Saintignon, premier adjoint (PS) : « Nous avons été exemplaires en intégrant nos emplois jeunes et certains contrats aidés. En tout cela représente 400 personnes. Malgré cela, Lille garde un ratio officiel de charges de personnel dans la moyenne. » Selon lui, la ville s'apparente à « une entreprise de services qui a décidé de les conserver et non de les privatiser, ce qui ferait automatiquement baisser l'effectif municipal. » Autant d'explications qui se heurtent à l'analyse de l'opposition. « Une partie des compétences municipales, comme celle touchant aux équipements sportifs ou culturels, a été transmise à la communauté urbaine. Il n'y a donc aucune raison de voir une augmentation des charges de personnel, à moins qu'il n'y ait des doublons », note Thierry Pauchet.
* www.colloc.bercy.gouv.fr