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enqueteRemis par l’Ecosse, le négationniste Vincent Reynouard mis en examen

Remis par l’Ecosse, le négationniste Vincent Reynouard mis en examen à Paris

enqueteVincent Reynouard, dont l’extradition a été autorisée le 12 octobre par l’Ecosse, a été emmené en avion vers la France vendredi en milieu de journée
Vincent Reynouard au tribunal correctionnel de Saverne, le 27 septembre 2007.
Vincent Reynouard au tribunal correctionnel de Saverne, le 27 septembre 2007.  - FREDERICK FLORIN / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L’Ecosse a remis vendredi à la France le négationniste multi-condamné Vincent Reynouard, arrêté en novembre 2022, et celui-ci a été mis en examen à Paris puis remis en liberté sous contrôle judiciaire, a appris l’AFP de sources proches du dossier. L’une des deux sources proches du dossier a indiqué que Vincent Reynouard, dont l’extradition avait été autorisée le 12 octobre par l’Ecosse, avait été emmené en avion vers la France vendredi en milieu de journée.

Il a ensuite été présenté à un magistrat instructeur parisien qui l’a mis en examen pour négation de crimes de guerre, contestation de crimes contre l’humanité et provocation à la haine, puis placé sous contrôle judiciaire, d’après la seconde source qui a expliqué que les peines prévues pour ces infractions ne prévoyaient pas de détention.

Traqué par les gendarmes

Recherché par les autorités françaises dans des enquêtes en cours, Vincent Reynouard, 54 ans, avait fui en Écosse où il vivait sous une fausse identité, jusqu’à son arrestation dans la région d’Anstruther, un petit port de pêche situé au nord d’Édimbourg.

Egalement demandé par la France pour plusieurs condamnations prononcées en son absence (sa dernière, six mois de prison ferme, remonte à janvier 2021, pour une vidéo publiée en 2019 dans laquelle il nie la réalité de la Shoah), Vincent Reynouard peut faire opposition à ces condamnations qui ne sont donc pas exécutoires.

Sa traque, pilotée par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), avait commencé en août 2020 quand un tag « Reynouard a raison » avait été retrouvé sur le mémorial d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), un village dont la population avait été massacrée par la division SS Das Reich le 10 juin 1944.

« Banalisation publique d’un crime de guerre »

Dans plusieurs vidéos diffusées sur internet, Vincent Reynouard, qui s’était opposé à son extradition, avait remis en cause ce massacre. En octobre, le sheriff écossais Christopher Dickson avait estimé que ces vidéos étaient « au-delà de ce qui est tolérable dans notre société », autorisant son extradition.

Si la loi britannique ne prévoit pas d’incrimination pour négationnisme, le juge avait estimé que les faits reprochés à Vincent Reynouard à savoir la « banalisation publique d’un crime de guerre » et la « contestation publique de l’existence de crimes contre l’humanité commis pendant la Seconde Guerre mondiale », tombaient sous le coup de la loi sur les communications (Communications Act).

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