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Trafic de drogueLes fusillades liées au narcotrafic à Nîmes au cœur d’un procès à Marseille

Nîmes : Les fusillades liées au narcotrafic au cœur d’un procès à Marseille

Trafic de drogueHuit hommes sont jugés pour des fusillades dans le quartier Pissevin, à Nîmes, début 2020
La guerre des trafiquants de drogue dans le quartier Pissevin à Nîmes sera au cœur du procès qui s'ouvre ce lundi à Marseille
La guerre des trafiquants de drogue dans le quartier Pissevin à Nîmes sera au cœur du procès qui s'ouvre ce lundi à Marseille - Préfecture du Gard / Préfecture du Gard
Jérôme Diesnis

J.D. avec AFP

Huit hommes sont jugés à partir de lundi à Marseille pour des fusillades ayant blessé trois personnes en 2020 à Nîmes. Cette guerre entre narcotrafiquants, qui dure depuis plusieurs années maintenant, a causé la mort d’un enfant de 10 ans à l’été 2023, victime collatérale.

Jusqu’à vendredi, ces hommes âgés de 24 à 38 ans, dont certains ont un lourd passé criminel, devront s’expliquer pour trois fusillades en janvier et février 2020, dans une galerie commerciale au bas des tours de Pissevin. « Ce type de procès doit être retentissant car la population attend, en partie grâce à la justice, que la vie reprenne sur la place du quartier et que l’omerta cesse », confie Raouf Azzouz, directeur du centre social Les Mille Couleurs à Pissevin.

Des fusillades organisées depuis une cellule de Béziers ?

Pierre Guest, 36 ans, surnommé « Pierrus », est désigné par l’accusation comme l’organisateur, depuis sa cellule de la prison de Béziers (Hérault), de ces scènes de guerre. Plusieurs hommes, vêtus de noir et cagoulés, avaient mitraillé la galerie commerciale Wagner. Jugé pour « association de malfaiteurs en récidive », cet enfant de Pissevin se voit également reprocher d’avoir fomenté un projet d’assassinat (qui semble avoir été abandonné) des deux gérants qui auraient pris sa place à la tête du réseau de la cité. Ces derniers lui auraient dérobé une grande quantité de stupéfiants, après son incarcération en 2017.

Selon le juge d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, Pierre Guest se serait « appuyé à l’extérieur sur Nadir Hadjal et Fares Saadi, désignés comme les gérants du puissant réseau de stupéfiants du Mas de Mingue, un autre quartier de Nîmes ». Cette juridiction interrégionale mène les enquêtes sur les affaires de grande criminalité dans l’arc méditerranéen français. Ils auraient notamment fourni des armes et des « véhicules de guerre » pour les fusillades. Cette distribution des rôles a été confortée par l’audition de deux témoins entendus sous X, même si Nadir Hadjal, dont la défense plaidera la relaxe, conteste être ce relais extérieur.

Recruté pour 15.000 euros

Des conversations sur la messagerie Signal entre un téléphone attribué par l’accusation à Pierre Guest et celui de Fares Saadi, abandonné dans un véhicule accidenté, évoquent très clairement ces projets de coups de force. Mais Pierre Guest conteste être l’expéditeur des messages et donc le commanditaire des trois fusillades. Il dément également être à l’origine du recrutement de deux « Lillois » venus à Nîmes pour constituer le commando. Un jeune homme du quartier du Mas de Mingue a expliqué lui avoir été embauché deux heures avant la fusillade du 10 février 2020, avec la promesse de gagner 15.000 euros. Il s’était vu remettre des gants, une cagoule et un fusil à pompe.

Ce même réseau du Mas de Mingue s’est retrouvé au cœur de l’enquête sur la mort de Fayed, 10 ans, en août 2023, et d’un jeune homme de 18 ans, toujours à Pissevin, deux jours plus tard. Ce dernier était vraisemblablement la cible initiale recherchée par les tueurs qui auraient tiré par erreur sur la voiture de l’oncle de l’enfant, endeuillant une famille totalement étrangère au trafic de drogue. L’avocat de Pierre Guest, Bruno Rebstock, souhaite toutefois que son client « ne soit pas jugé à la lumière des derniers événements de Pissevin », survenus trois ans après les faits qui seront jugés cette semaine.

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