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Justice15 personnes d’un mouvement sectaire de yoga mises en examen, six écrouées

Violences sexuelles dans un mouvement sectaire de yoga : Quinze personnes mises en examen, six écrouées

JusticeSur les quinze suspects de ce mouvement sectaire de yoga, six ont été écroués, dont le gourou
Gregorian Bivolaru, gourou roumano-suédois, a été mis en examen.
Gregorian Bivolaru, gourou roumano-suédois, a été mis en examen. - Marian Ilie/AP/SIPA / AP/SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Ce vendredi, un gourou roumano-suédois et quatorze personnes ont été mis en examen à Paris, soupçonnés d’être impliqués dans des violences sexuelles à grande échelle au sein d’un mouvement international de yoga accusé de dérives sectaires, a indiqué samedi une source judiciaire à l’AFP. Sur les quinze suspects, six ont été écroués, dont le gourou : Gregorian Bivolaru, 71 ans, figure fondatrice du Mouvement pour l’intégration spirituelle vers l’absolu (Misa), rebaptisé Atman, qui se dit axé sur la pratique du yoga tantrique.

Le coup de filet a eu lieu mardi en région parisienne et dans le sud-est de la France. Des pavillons – où de nombreuses femmes étaient logées – ou encore des salles de yoga ayant pignon sur rue, ont été perquisitionnés. Gregorian Bivolaru a été interpellé à son domicile dans le Val-de-Marne. Déjà condamné à plusieurs reprises en Roumanie, il a dénoncé lors de sa garde à vue un « complot politique », selon une source policière à l’AFP. Il s’est défendu des accusations de viols, expliquant être « un maître spirituel » : après une étape dite de « consécration », des femmes « l’aimaient » à son domicile.

Le bras droit également mis en examen

Vendredi, il a été mis en examen pour quatre infractions : viols aggravés (en concours avec plusieurs autres viols commis sur d’autres victimes), séquestration en bande organisée, traite d’êtres humains en bande organisée, abus de faiblesse par dirigeant d’un groupement poursuivant des activités créant, maintenant ou exploitant la sujétion psychologique ou physique des participants. Son avocat Anis Harabi a assuré à l’AFP que « son innocence » serait « établie ». Cinq autres personnes ont été écrouées.

A l’instar de Gregorian Bivolaru, le propriétaire de deux « pavillons de femmes », a été mis en examen pour abus de faiblesse, traite d’être humains et séquestration en bande organisée. Cet homme, accusé d’être le « bras droit » de Gregorian Bivolaru, a aussi été mis en examen pour complicité de viols aggravés.

Plusieurs règles dictées au sein des foyers

Une Roumaine de 41 ans, doctorante en linguistique, a été mise en examen pour complicité de viols aggravés, traite d’êtres humains et séquestration en bande organisée. De même pour un autre homme, arrêté chez Gregorian Bivolaru en présence de deux jeunes femmes roumaines. Lors de sa garde à vue, il s’est présenté comme « un simple élève de yoga » et a nié avoir véhiculé ces femmes chez le gourou, a rapporté la source policière à l’AFP. Enfin, deux autres femmes ont été écrouées, après avoir été mises en examen pour traite d’êtres humains et séquestration, le tout en bande organisée.

Du côté des personnes relâchées sous contrôle judiciaire figurent neuf suspects. Huit ont été mis en examen pour traite d’être humains et séquestration, encore en bande organisée. Parmi eux, plusieurs chauffeurs présumés, accusés notamment d’avoir transporté des femmes de l’aéroport aux établissements du Misa. Le neuvième suspect est une femme, suivant des cours du Misa depuis sept ans, mise en examen pour les mêmes chefs, mais aussi pour complicité de viols aggravés.

Selon la source policière, cette femme a expliqué, lors de sa garde à vue, être logée dans un appartement et toucher des sous pour participer au montage d’un projet de films érotiques « avec des personnes urinant ». Toujours de même source, elle a reconnu certaines règles du Misa : ne pas sortir seule pour les femmes ou encore la confiscation de leurs téléphones.

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