Retour sur la page d'accueil 20 Minutes
justiceTrente ans de prison requise contre le duo djihadiste marseillais

Attentat déjoué à Marseille : une peine de trente ans de prison requise contre le duo djihadiste

justice
Un attentat avait été déjoué à Marseille en avril 2017, la veille d’un meeting de Marine Le Pen durant la présidentielle.
Clement Baur et Mahiedine Merabet ont été arrêtés à Marseille en avril 2017 et sont accusés d'avoir projeté de commettre un attentat terroriste au nom de Daech — AFP
Clement Baur et Mahiedine Merabet ont été arrêtés à Marseille en avril 2017 et sont accusés d'avoir projeté de commettre un attentat terroriste au nom de Daech — AFP - AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • Le « passage à l’acte » de Clément Baur et Mahiedine Merabet était « imminent », ont assuré les représentantes du parquet.
  • Après les plaidoiries de la défense prévues jeudi et vendredi, le procès doit s’achever samedi.

Le parquet a requis mercredi une peine de trente ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté des deux tiers contre Clément Baur et Mahiedine Merabet, jugés devant les assises spéciales pour un projet d’attentat à Marseille pendant la campagne présidentielle de 2017.

« Il s’en est fallu de peu pour que la cité phocéenne connaisse une tuerie de masse », ont affirmé les avocates générales dans leurs réquisitions à deux voix.

Elles ont demandé à la cour « une peine à la hauteur de la dangerosité » des deux accusés, « solidaires et qui se soutiennent l’un l’autre ».

Le « passage à l’acte » de Clément Baur et Mahiedine Merabet était « imminent », ont assuré les représentantes du parquet. Les « recherches de cibles potentielles » effectuées dans les jours précédant leur interpellation, à Marseille le 18 avril 2017, cinq jours avant le premier tour de la présidentielle, constituent la preuve, selon elles, que les deux hommes étaient prêts à commettre « un carnage ».

« On était dans un jeu »

Parmi les recherches effectuées sur internet par les deux hommes, qui se sont connus en prison, il y avait notamment : « sauna gay », « club libertin », « bar FN », « meeting Le Pen Marseille », « bar américain », « restaurant casher »…

« Autant de cibles qui répondaient aux objectifs de l’Etat islamique », a souligné l’une des avocates générales.

Concernant les dix autres accusés, dont un en fuite jugé par défaut, le parquet a requis deux acquittements et réclamé des peines allant de cinq ans, assortis de deux à trois ans de sursis, à 15 ans de réclusion criminelle.

Au cours de leurs interrogatoires, Clément Baur, 30 ans, et Mahiedine Merabet, 36 ans, ont nié préparer un attentat.

« On était dans un jeu », a affirmé Mahiedine Merabet tandis que son compère Clément Baur a expliqué que commettre un attentat « n’était pas un truc » pour lui.

Explosif très instable

Mais la police a découvert un impressionnant arsenal dans leur planque, dont un fusil-mitrailleur Uzi, plusieurs pistolets, des centaines de munitions, des boulons, un couteau de chasse mais aussi plus de 3,5 kg de TATP, un explosif artisanal prisé des djihadistes, fabriqué par Mahiedine Merabet.

« C’est la plus grande quantité de TATP retrouvée dans le cadre d’un dossier terroriste », a fait remarquer une avocate générale.

Explosif très instable, le TATP a notamment servi à confectionner les ceintures explosives des auteurs des attentats du 13-Novembre à Paris et Saint-Denis. Les deux hommes avaient également acquis une caméra GoPro. De quoi, selon l’accusation, commettre un carnage et le filmer.

Après les plaidoiries de la défense prévues jeudi et vendredi, le procès doit s’achever samedi.

Sujets liés