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féminicideCondamné à vingt-trois ans de prison pour avoir défenestré sa compagne du 8e étage

Alsace : Un homme condamné à vingt-trois ans de prison pour avoir défenestré sa compagne

féminicideUn homme comparaissait devant la justice à Colmar pour avoir basculé dans le vide sa compagne depuis le huitième étage d’un immeuble
Un homme a été condamné pour « homicide volontaire par concubin » à 23 ans ans de prison pour le meurtre en juin 2021 à Colmar de sa compagne après l'avoir défenestré du huitième étage. (Illustration)
Un homme a été condamné pour « homicide volontaire par concubin » à 23 ans ans de prison pour le meurtre en juin 2021 à Colmar de sa compagne après l'avoir défenestré du huitième étage. (Illustration) - 20 Minutes / 20 Minutes
Gilles Varela

G.V. avec AFP

Il n’a pas convaincu le jury de la cour d’assises du Haut-Rhin, à Colmar. Un quinquagénaire a en effet été condamné mercredi pour « homicide volontaire par concubin » à vingt-trois ans de prison pour le meurtre en juin 2021 à Colmar de sa compagne, Doris Voinson, 48 ans. La victime était tombée du huitième étage d’un immeuble de la ville, alors que l’accusé la faisait basculer dans le vide alors que des voisins témoins de la scène lançaient en sa direction des canettes de bière. Tombée sur le toit d’une salle de sport, la quadragénaire n’avait pas pu être réanimée.

A la barre, l’accusé a déclaré dans ses derniers mots avant que le jury ne se retire pour délibérer qu’il regrettait « énormément d’avoir donné la mort, dans un excès de colère que je ne comprends pas ». Le quinquagénaire a toujours nié avoir voulu tuer sa compagne, mais au cours des trois jours du procès il a avoué avoir « volontairement basculé » sa compagne, « sans intention de la lâcher ». « C’était juste pour lui faire peur, et j’ai mal géré », a-t-il déclaré.

L’avocate générale Nathalie Kielwasser a souligné le « manque glaçant d’empathie pour la victime » de la part de l’accusé. Elle avait requis vingt-cinq ans de réclusion. Tous deux sujets à une forte addiction à l’alcool, l’accusé et sa compagne s’étaient rencontrés, en février 2016, au pavillon psychiatrique de l’hôpital Pasteur de Colmar, après des tentatives de suicide.

« Sous le coup d’une interdiction de contact »

Le soir des faits, l’homme était sous le coup d’une interdiction de contact avec sa compagne, après une précédente condamnation, en 2019, pour des faits de violences conjugales. Le couple avait repris contact trois jours avant le drame, et s’était copieusement alcoolisé : les analyses ont révélé des taux de 2,5 grammes d’alcool par litre de sang pour lui, 2,77 pour elle. L’accusé avait dans un premier temps plaidé l’accident. « Ce n’est pas un accident, mais un meurtre », avait martelé Estelle Huber, avocate de l’unique partie civile, le jeune fils de Doris Voinson.

La cour d’assises du Haut-Rhin n’a pas requalifié les faits en « violences volontaires ayant donné la mort sans intention de la donner » (vingt ans encourus au lieu de la perpétuité), et a condamné Thomas Fels pour « homicide volontaire par concubin » à vingt-trois ans de réclusion criminelle. Une peine à la hauteur de la « sanction juste » attendue par la partie civile.

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