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Très serréeL’État condamné pour détention « indigne » à la prison de Mulhouse

Mulhouse : L’État condamné pour détention « indigne » à la prison

Très serréeUne détenue avait été incarcérée à la maison d’arrêt de Mulhouse en 2018 dans de minuscules cellules. Le tribunal administratif de Strasbourg lui a reconnu un « préjudice moral »
Photo d'illustration d'une prison.
Photo d'illustration d'une prison. - MivPiv/GettyImages / Canva
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Des surfaces minuscules avec des prisonniers entassés… Le tribunal administratif de Strasbourg a condamné l’État pour des « conditions indignes de détention » à la maison d’arrêt de Mulhouse (Haut-Rhin). Dans sa décision, datée du 16 novembre, le tribunal reconnaît le « préjudice moral » subi par une détenue incarcérée du 18 mai au 27 juin 2018 à Mulhouse, et condamne l’État à verser 1.000 euros « en réparation ».

Sur quarante jours de détention, la détenue avait passé les dix premiers dans une cellule « réservée aux nouvelles arrivantes, d’une superficie de 6,46 m2, qu’elle partageait avec une autre détenue ». Puis elle avait passé trente jours dans une cellule d’une superficie de 11,81 m2, qu’elle partageait avec quatre autres détenues.

Le tribunal a souligné « la suroccupation de cette dernière cellule », laissant à chaque détenue « moins de 3 m² d'espace individuel, sans compter l’emprise au sol du mobilier (lits superposés, table, chaises, toilettes) ». Il pointe également l’absence de véritable séparation avec les toilettes, « interdisant ainsi toute forme d’intimité et induisant des risques en matière d'hygiène », et relève l’absence de système d’aération.

Sur les arguments soulevés en défense par le ministère de la justice, qui faisait état de « travaux de rénovation » achevés à la maison d’arrêt, le tribunal pointe que seule « la réalisation des peintures dans les coursives du bâtiment, et non dans les cellules » est établie. La détenue « a été incarcérée dans des conditions indignes […] pendant une période totale de quarante jours », conclut le tribunal.

L’affaire avait été portée par la mère de la détenue, après le décès de cette dernière, survenu en 2020.

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