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ASSISESUne bombe sous le lit pour toucher l’assurance-vie des parents

Gard : Une bombe sous le lit pour toucher l’assurance-vie des parents

ASSISESLe procès hors norme qui s’est ouvert aux assises du Gard et celui d’un couple qui a tenté de faire exploser les parents de la femme en 2001. Entre-temps, tous deux ont purgé vingt-cinq ans de prison au Portugal pour assassinat
La Cour d'assises du Gard.
La Cour d'assises du Gard. - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse / Agence Maxele Presse
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • Un couple est jugé pour une tentative d’assassinat commis en 2001 à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard.
  • Ils sont accusés d’avoir placé une bombe sous le lit des parents de la femme pour toucher l’assurance-vie.
  • Tous deux ont entre-temps purgé une peine de vingt-cinq ans de prison au Portugal pour le meurtre de touristes hollandais, lors de leur cavale.

L’histoire pourrait être le scénario d’un mauvais film. Deux anciens amants sont jugés depuis lundi par la cour d’assises du Gard, à Nîmes. Ils sont accusés d’avoir tenté de tuer, le 19 avril 2001, les parents de la femme, âgée de 25 ans à l’époque. Leur but : toucher l’assurance-vie contractée par ce couple de cadres, qui avait paraphé un contrat de 114.000 euros pour leurs enfants.

Ce soir-là, Les parents avaient senti une forte odeur d’essence en rentrant dans leur villa de Pont-Saint-Esprit. Avec de vaines recherches pour tenter d’en découvrir l’origine, ils s’étaient couchés, avant de regarder sous le lit où l’odeur semblait encore plus forte. Stupéfaits, ils avaient alors découvert un engin artisanal mais mortel, réglé pour exploser à 2h45. « Il ne leur aurait laissé aucune chance » expliquait un enquêteur de la compagnie de Bagnols-sur-Cèze, à l’époque.

Rapidement, les doutes des militaires s’étaient portés sur la fille qui entretenait des relations tumultueuses avec ses parents. Notamment son père, qui refusait sa relation avec celui qui était alors prof de musique, de neuf ans son aîné, et qui comparait à ses côtés dans le box des accusés. Les images de vidéosurveillance d’un magasin, à Montpellier, et la note détaillant l’achat des accessoires pour la fabrication de la bombe et les aveux des deux accusés, qui se renvoient la responsabilité de cette tentative d’assassinat, laissent peu de doute sur leur culpabilité. Chacun d’entre eux explique avoir été sous l’influence de l’autre à cette période.

Les parents ont pardonné

En revanche, l’incertitude concerne la décision des jurés. Car le couple a entre-temps été condamné à vingt-cinq ans de prison, au Portugal, pour l’assassinat de Hollandais qu’ils avaient rencontrés lors de leur fuite, après avoir compris que les parents avaient échappé à la mort.

Delphine, la fille du couple, explique aujourd’hui avoir profondément changé. Après des années à se détacher complètement de son sort et celui de ses proches, elle explique avoir rompu en 2008 avec Vincent. Et s’être peu à peu reconstruite en prison. « Que je ressorte libre ou avec les menottes, ça ne changera rien, explique-t-elle à Midi Libre. De toute façon, je suis coupable, la sentence ne va pas changer mes regrets. Mais j’ai une autre angoisse, le mal que cela va faire à mes parents ». Ses parents qui lui ont pardonné et ne se sont pas portés partie civile à ce procès.

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