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Du pré à l’assietteDeux marchands de chevaux condamnés pour escroquerie à Marseille

Marseille : Deux marchands de chevaux condamnés pour escroquerie

Du pré à l’assietteIls achetaient des chevaux de particuliers en promettant qu’ils passeraient leur retraite au champ pour en fait les envoyer à la boucherie
Les animaux finissaient sur certains étals de bouchers (illustration).
Les animaux finissaient sur certains étals de bouchers (illustration). - GILE MICHEL/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

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Ils promettaient aux propriétaires une paisible retraite au pré pour leurs chevaux, qu’ils envoyaient en réalité à la boucherie. Deux marchands de chevaux ont été condamnés à trente mois de prison dont vingt-quatre avec sursis et à 10.000 euros d’amende pour escroquerie, ce lundi à Marseille. Condamnés également pour faux et tromperie aggravée et pour mise en danger des consommateurs, les frères Mikaël et Sébastien Calichon, deux quadragénaires, purgeront leurs six mois de prison ferme à domicile sous surveillance électronique.

Certains étaient impropres à la consommation humaine

A la tête de la société Espace France Cheval, les deux frères et le fils du second, condamné à dix mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende, achetaient des chevaux de particuliers en promettant qu’ils passeraient leur retraite au champ, serviraient à des randonnées ou à un centre équestre pour handicapés. Usant d’une fausse qualité d’éleveur et de faux noms, les frères Calichon se faisaient accompagner par leur grand-père et assuraient aux vendeurs que leur animal tiendrait compagnie à la jument du nonagénaire.

« Au-delà du mensonge, ce discours relève de manœuvres frauduleuses » constitutives d’une escroquerie, a expliqué la présidente, même si le tribunal a écarté la circonstance aggravante de bande organisée. Des propriétaires ont rapporté que les prévenus allaient jusqu’à les mettre en garde contre les maquignons peu scrupuleux : « Ils vont vous garantir que votre cheval va au pré mais, en réalité, il va à la boucherie », s’entendaient-ils dire.

Entre novembre 2012 et mai 2016, 187 chevaux avaient ainsi été acquis auprès de 133 propriétaires victimes. Des faux étaient également réalisés sur les documents des animaux conduits à l’abattoir, certains étant impropres à la consommation humaine car sous traitements, dûment notifiés par leurs propriétaires. Un intermédiaire ayant fourni des chevaux aux frères Calichon s’est vu infliger dix mois de prison avec sursis pour tromperie simple, comme son vétérinaire, condamné pour complicité.

Une affaire européenne

Le tribunal a également prononcé des interdictions d’exercer pendant cinq ans une activité dans la filière équine et a ordonné la confiscation de sommes saisies en liquide ou sur les comptes des frères Calichon et de leurs sociétés, pour plus de 140.000 euros, ainsi que plusieurs véhicules, vans et remorques. Par ce jugement, le pôle santé publique et environnement du tribunal judiciaire de Marseille clôt le jugement d’une vaste fraude ayant donné lieu à trois procès ces deux dernières années.

Ces procédures découlent d’une enquête ouverte en 2013 qui avait mis au jour des falsifications massives, à travers l’Europe, sur des documents équins, permettant l’abattage de chevaux impropres à la consommation humaine. Certains provenaient d’une ferme laboratoire de Sanofi Pasteur qui les utilisait pour la fabrication de vaccins et d’antidotes.

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