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procèsPerpétuité requise contre l’infirmière ensorceleuse Marie-José Montesinos

« Disparus de Mirepoix » : La perpétuité requise contre l’infirmière ensorceleuse, 30 ans contre son ex-amant

procèsA Foix, l’avocat général a requis la perpétuité contre Marie-José Montesinos et 30 ans contre son ex-amant, Jean-Paul Vidal, tous deux accusés de l’assassinat de Christophe Orsaz et du meurtre de sa fille Célia
La cour d'assises de l'Ariège à l'ouverture du procès de Marie-José Montesinos et Jean-Paul Vidal.
La cour d'assises de l'Ariège à l'ouverture du procès de Marie-José Montesinos et Jean-Paul Vidal. - Lionel Bonaventure / AFP
20 Minutes avec AFP

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Les deux accusés n’en sont pas au même stade sur le « long chemin de la rédemption ». La réclusion à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans, a été requise vendredi contre Marie-José Montesinos et 30 ans de réclusion contre son ex-amant Jean-Paul Vidal, jugés aux assises à Foix pour assassinat et meurtre, en 2017 dans l’Ariège. L’infirmière et le mécanicien ont avoué avoir tué ceux qu’on a appelés les « Disparus de Mirepoix » : Christophe Orsaz, 46 ans, l’ex-compagnon de Marie-José Montesinos, et Célia, 18 ans, la fille de ce dernier, abattue parce qu’elle a été le témoin imprévu du premier crime.

Après une semaine de procès, l’avocat général Pierre Aurignac a expliqué tenir compte dans son réquisitoire du fait que Jean-Paul Vidal, mécanicien, cascadeur et amant de Marie-José Montesinos au moment des faits, avait reconnu les faits et accompli les « premiers pas » vers la rédemption. En revanche, a-t-il ajouté, l’infirmière n’a exprimé « aucune amorce de critique de son comportement ».

« Détermination à tuer »

Le magistrat pense que l’infirmière, personnalité au « narcissisme fragile », « marquée par des troubles sérieux », n’avait pas supporté sa rupture avec Christophe Orsaz et qu’elle avait « intoxiqué » Jean-Paul Vidal pour l’amener à le tuer.

Le cascadeur « ensorcelé » et son amante voulaient non seulement tuer Christophe Orsaz, mais également « le faire souffrir ». « Le but, c’est la mort, mais avec la souffrance : il faut qu’il paie et qu’il sente sa douleur », a ajouté le représentant du ministère public.

Le guet-apens, tendu au prétexte d’attirer le jardinier paysagiste sur un nouveau chantier, a eu lieu le 30 novembre 2017. « Aucun (des deux accusés) ne se détache du plan préalablement établi », a souligné Pierre Aurignac, rappelant les semaines de préparation du crime, le véritable arsenal – barres de fer, fusil, pistolet, pelle, sangle, essence – emporté par les accusés et leur détermination à tuer.

« Enfoncée dans la noirceur »

« Célia, c’est une exécution, et on abandonne le cadavre aux animaux sauvages », a commenté l’avocat général. Même s’il a été manipulé par son amante, Jean-Paul Vidal n’est « ni un jouet, ni un instrument, il a fait des choix », a-t-il souligné : « Il a dit : "j’aurais pu la sauver 100 fois", mais il ne l’a pas fait parce qu’il a été trop lâche ».

Cependant, a insisté Pierre Aurignac, depuis les crimes, le mécanicien a « fait du chemin » et, c’est « tellement rare devant la cour d’assises », il a expliqué dans le détail ce qu’il s’était passé ce jour-là. « Ça, c’est du courage », a estimé le représentant du ministère public.

Quant à Marie-José Montesinos, elle « est enfoncée dans la noirceur qui l’étreint depuis son enfance », a ajouté Pierre Aurignac, rappelant notamment l’inceste qu’elle a subi de la part de son père. Mais cela ne peut tout gommer, a-t-il appuyé, remarquant qu’en cinq ans de détention depuis les faits, l’accusée n’avait « pas évolué d’un iota » et qu’aucune remise en cause n’était visible, laissant sa dangerosité intacte.

Le verdict des jurés des assises de l’Ariège est attendu ce vendredi soir.

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