20 Minutes : Actualités et infos en direct
procèsUne vaste « arnaque au président » et quinze prévenus jugés à Marseille

Marseille : Une vaste « arnaque au président » et quinze prévenus jugés au tribunal correctionnel

procèsLes suspects endossaient l’identité de fournisseurs pour escroquer des entreprises en encaissant les factures sur des faux comptes
Une vaste escroquerie aux ramifications internationales, façon « arnaque au président », où cette fois les escrocs se faisaient passer pour des fournisseurs des entreprises visées, est jugée de lundi à vendredi au tribunal correctionnel de Marseille.
Une vaste escroquerie aux ramifications internationales, façon « arnaque au président », où cette fois les escrocs se faisaient passer pour des fournisseurs des entreprises visées, est jugée de lundi à vendredi au tribunal correctionnel de Marseille. - GILE MICHEL/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Une vaste escroquerie aux ramifications internationales, façon « arnaque au président », où cette fois les escrocs se faisaient passer pour des fournisseurs des entreprises visées, est jugée de lundi à vendredi au tribunal correctionnel de Marseille, impliquant quinze prévenus.

Les chefs de poursuites vont de l’escroquerie en bande organisée au blanchiment et dix-sept entités (sociétés ou associations) se sont constituées parties civiles pour ces faits qui remontent principalement à 2015-2016.

Un tiers des prévenus sont soupçonnés d’avoir joué un rôle de premier plan dans l’opération consistant à se faire payer indûment de vraies factures en se faisant passer pour un fournisseur. Le schéma frauduleux impliquait un centre d’appels téléphonique basé en Israël et des sociétés fictives, également basées à l’étranger, notamment en Espagne, chargées d’encaisser les fonds détournés. Quatre des principaux protagonistes de ce dossier font l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2022, leur dernier domicile connu étant une adresse en Israël.

Fausse identité et vraies factures

Comme dans « l’arnaque au président », où un escroc usurpe l’identité d’un dirigeant d’entreprise pour convaincre un salarié de réaliser un virement, l’escroquerie passait par une usurpation d’identité, celle de fournisseurs. Les prétendus fournisseurs informaient leurs « clients » d’un changement de domiciliation bancaire et encaissaient le paiement de vraies factures sur ces faux comptes.

Si certaines entreprises ne se sont pas laissé prendre, d’autres ont été piégées par le mode opératoire très au point des escrocs qui avaient une parfaite connaissance des sociétés visées (relations clients-fournisseurs, montant des factures à payer, etc.).

Trois des prévenus faisant l’objet d’un mandat d’arrêt – Alain Lasserie, Wilfried El Baze et Stéphane Benhamou – étaient les chevilles ouvrières du centre d’appels en Israël, selon un coprévenu marseillais, Emmanuel Fitoussi, renvoyé devant le tribunal correctionnel pour escroqueries et tentatives d’escroqueries en bande organisée.

« Patrick Montiel »

Ce dernier, sous contrôle judiciaire depuis 2020, a reconnu avoir travaillé dans ce centre sous un pseudonyme qui revient dans de nombreux dossiers, « Patrick Montiel », mais comme simple employé, selon ses dires.

Ses déclarations, ainsi que des enquêtes similaires menées à Bordeaux et Nancy, ont conduit les enquêteurs à soupçonner Alain Lasserie d’avoir été le cerveau de l’opération et Stéphane Benhamou d’en avoir été l’opérateur (informatique, fausses adresses mails, faux RIB et justificatifs), tandis que Wilfried El Baze aurait été chargé du recrutement de personnes ouvrant des sociétés fantômes à l’étranger, pour transférer sur leurs comptes les fonds frauduleusement acquis.

Sur les bancs des prévenus figureront aussi une série de personnes, pour la plupart domiciliées à Marseille, pour leur rôle présumé dans le blanchiment de l’argent illicite transitant par leurs comptes bancaires.

Elles sont poursuivies pour complicité d’escroqueries commises en bande organisée et/ou blanchiment.

Sujets liés