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HaineUn leader d’ultra droite condamné pour s’en être pris à des drag-queens

Rennes : Un leader d’ultra droite condamné pour s’en être pris à des drag-queens

HaineUn atelier de lecture pour enfants avait été organisé dans une bibliothèque à Saint-Senoux en Ille-et-Vilaine malgré la présence de militants
Des militants d'extrême droite avaient perturbé une lecture de drag-queens menée dans une bibliothèque de Saint-Senoux, en Ille-et-Vilaine.
Des militants d'extrême droite avaient perturbé une lecture de drag-queens menée dans une bibliothèque de Saint-Senoux, en Ille-et-Vilaine.  - L'Oriflamme / L'Oriflamme
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • Le leader d’un groupuscule d’extrême droite était poursuivi pour « injures et provocation à la haine » après une manifestation.
  • Le 15 mai, lui et quelques camarades avaient perturbé une lecture menée par des drag-queens dans une bibliothèque à Saint-Senoux (Ille-et-Vilaine).
  • Le mis en cause s’était défendu en expliquant vouloir « protéger les enfants » de ces lectures de contes.

En septembre, lors de l’audience devant le tribunal correctionnel, il s’était montré très sûr de lui, expliquant avoir voulu « protéger les enfants ». Le 15 mai, ce militant d’extrême droite avait pris à partie des drag-queens qui menaient une lecture devant des enfants à Saint-Senoux, petite commune d’Ille-et-Vilaine. A la tête d’un groupuscule baptisé L’Oriflamme, issu de la dissolution de l’Action française, cet homme de 24 ans avait été le seul à agir démasqué et à prononcer un discours transphobe.

Ce lundi 9 octobre, il a été reconnu coupable de « provocation publique à la haine et la violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre » et « d’organisation de manifestation sans autorisation » par le tribunal correctionnel de Rennes. La justice l’a condamné à une peine de quatre mois de prison. Une amende de 500 euros a également été prononcée pour dissimulation du visage.

« Nous ne voulions pas attaquer des personnes, mais une idéologie »

Lors de l’audience, il ne s’était pas démonté face aux questions des magistrats. Il reconnaissait avoir lu un texte clairement transphobe et hostile à cet atelier tout en niant avoir voulu s’en prendre aux victimes personnellement. « Nous ne voulions pas attaquer des personnes, mais attaquer une idéologie, un lobby. D’ailleurs, il n’y a eu aucune violence. Il fallait avant tout défendre les enfants à qui on a tenté de déverser une idéologie. Notre objectif, ce n’était pas de mettre un terme à la lecture, mais d’en faire parler ». Dans les faits, il avait réussi son coup, de nombreux médias nationaux s’emparant de cette action militante.

A la barre, le mis en cause s’était félicité « d’être passé sur BFMTV » grâce à quelques immondes punchlines au goût rance comme « LGBT dégénérés » ou « plus de France, moins de trans ». Sur une banderole déployée devant la bibliothèque, on pouvait lire « à nos enfants inculquez nos racines, n’imposez pas les drag-queens ».

« Je suis encore émue par cette histoire »

Sur le banc des victimes, des drag-queens qui participaient à cette lecture avaient exprimé leur ressenti, dénonçant l’humiliation vécue. « Je suis encore émue par cette histoire. Nous avions prévu une lecture douce, habillés en robot ou en escargot, sans idéologie aucune », avait assuré l’une des participantes. La maire de Saint-Senoux avait également porté plainte, estimant que le choix de cet atelier était « assumé » car « ce sont bien des artistes qui ont fait cette lecture ».

Déjà condamné par la justice pour avoir dégradé la permanence d’un élu LREM de la Sarthe en marge d’une manifestation des « gilets jaunes », le mis en cause avait vu le procureur requérir six mois de prison ferme et une interdiction de manifester pendant trois ans. Le tribunal a cependant relaxé le prévenu du délit d’injure publique.

L’avocat des parties civiles avait évidemment plaidé dans le même sens, rappelant les craintes de ses clients d’être prises pour cible. « On ne peut pas venir hurler des slogans haineux comme il l’a fait et utiliser des termes comme dégénéré. En autorisant des comportements comme ça, on met une cible dans le dos des personnes », avait argumenté Me Benjamin Mayzaud. Le prévenu a été condamné à verser 800 euros à chacune des trois victimes au motif du préjudice moral.

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