Lyon : Un couple condamné à de la prison ferme pour l’agression d’un prêtre sur fond de rivalité amoureuse

coup de fusil Le mari jaloux a écopé de huit ans de prison, sa femme accusée de complicité s’en sort avec une condamnation de deux ans

20 Minutes avec AFP
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L'ancien palais de justice de Lyon, en 2016 (photo d'illustration).
L'ancien palais de justice de Lyon, en 2016 (photo d'illustration). — 20 Minutes

Un coup de fusil, une victime et un couple condamné. Giorgi Praga, qui est accusé d’avoir tiré au fusil sur un prêtre orthodoxe à Lyon en 2020, a écopé ce vendredi de huit ans d’emprisonnement par la cour d’assises du Rhône. Il était jugé en même temps que son épouse Lela Khaburzaniya, condamné à deux ans.

Le jury a été moins sévère que l’avocat général, qui avait réclamé dix ans de réclusion criminelle pour le couple, estimant que mari et femme avaient eu un rôle équivalent dans l’agression qui a grièvement blessé le prêtre Nikolaos Kakavelakis à la porte de son église. Selon l’avocat général de la cour d’assises du Rhône, la jalousie du mari s’était combinée avec la volonté de vengeance de l’épouse, éconduite par l’homme d’Église après deux rapports sexuels.

Un couple géorgien fragile après avoir subi les horreurs de la guerre

« Elle a monté son mari contre son amant, en l’assistant dans l’acte criminel, en lui donnant les indications utiles à leur projet commun », avait lancé Thierry Luchetta dans son réquisitoire. Quant à Giorgi Praga, « il n’a pas agi dans la rage incontrôlée, il a agi par un froid calcul », avait ajouté le magistrat. Les repérages et le fait de tirer à courte distance avec un fusil à canon scié démontrent « une volonté préparée de faire mal ».

Après un passé douloureux en Géorgie, sur fond de guerre civile, le couple a été hébergé par la communauté d’Emmaüs en Bourgogne et s’est marié en 2015, avant de s’installer à Lyon. Selon un expert psychiatre entendu à la barre, le couple présente une fragilité résultant des traumatismes du conflit dans leur pays.

Mis en cause par la défense et par le témoignage de son ex-épouse, qui l’a accusé « d’emprise et de manipulation », le prêtre Nikolaos Kakavelakis, n’a pas assisté au procès. « Quand bien même il aurait tous les défauts de la terre, il ne méritait pas ça », avait dit l’avocat général.