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VerdictAbdeslam échappe à une nouvelle peine de prison à vie

Attentats de Bruxelles : Abdeslam échappe à une nouvelle peine de prison à vie

VerdictLa cour d’assises belge a retenu les arguments de la défense du djihadiste français
Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam le 15 septembre 2023.
Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam le 15 septembre 2023. - Shutterstock/SIPA / Shutterstock/SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Salah Abdeslam, considéré par la justice belge comme coauteur des attentats de mars 2016 à Bruxelles, a échappé vendredi soir à une nouvelle peine de prison à vie, après celle infligée l’an dernier à Paris pour les attentats du 13 novembre 2015. La cour d’assises, qui a rendu son verdict après quatre jours de délibérations, n’a pas suivi les réquisitions du parquet fédéral et refusé de prononcer une nouvelle peine lourde.

Dans une démonstration juridique complexe, elle a renvoyé à une précédente condamnation belge pour des faits jugés connexes aux attaques suicides du 22 mars 2016 (35 morts). A savoir une fusillade avec la police survenue une semaine plus tôt à Bruxelles et qui a valu une peine de vingt ans de prison à Salah Abdeslam en 2018.

Salah Abdeslam est « très soulagé »

Ces deux infractions relèvent de la « manifestation continue de la même intention délictueuse », ont justifié les juges. Lors des plaidoiries la semaine dernière, la défense du djihadiste français de 34 ans avait menacé de saisir la Cour de cassation si la peine maximale venait à lui être infligée à nouveau, comme à Paris.

« Je vous demande une répression à la hauteur d’un homme qui n’a qu’une seule vie et je vous demande d’abandonner la vengeance au profit de la justice », avait lancé Me Delphine Paci. Salah Abdeslam est « très soulagé », a commenté vendredi soir son autre conseil, Michel Bouchat, après le verdict.

Seul membre encore en vie des commandos qui ont attaqué la capitale française le 13 novembre 2015 (130 morts), il avait été condamné en juin 2022 pour sa participation à ces attentats à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du Code pénal français.

Trente ans de réclusion pour Mohamed Abrini

Autre accusé déjà condamné à Paris (perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté), Mohamed Abrini a écopé vendredi soir à Bruxelles d’une peine de trente ans de réclusion. Ce Belgo-Marocain de 38 ans est « l’homme au chapeau » qui avait accompagné les deux djihadistes morts en kamikazes à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem le 22 mars 2016.

Une heure plus tard, un autre assaillant s’était fait exploser dans une rame de métro en plein quartier européen. La double attaque revendiquée par le groupe Etat islamique avait fait au total 32 morts et des centaines de blessés. Mais au cours du procès la cour d’assises a rehaussé le bilan à 35 morts, estimant que trois décès intervenus plus tard avaient un lien direct avec les explosions.

Trois condamnations à perpétuité

Parmi les huit hommes déclarés coupables fin juillet de participation ou complicité dans ces attentats, trois ont été condamnés à la prison à perpétuité : les Belgo-marocains Oussama Atar (jugé par défaut car présumé mort en Syrie) et Bilal El Makhoukhi, ainsi que le Suédois Osama Krayem qui avait renoncé à se faire exploser dans le métro.

Le Tunisien Sofien Ayari, déjà condamné comme Abdeslam pour la fusillade du 15 mars dans la commune bruxelloise de Forest, a bénéficié du même raisonnement juridique que ce dernier : pas de peine additionnelle. Enfin le Belgo-marocain Ali El Haddad Asufi et le Belgo-rwandais Hervé Bayingana Muhirwa ont été condamnés respectivement à vingt ans et dix ans de réclusion. Aucune déchéance de la nationalité belge n’a été prononcée comme l’avait pourtant souhaité le parquet pour cinq hommes dont Abrini.

Ouvert en décembre 2022, ce procès était le plus important jamais organisé en Belgique devant une cour d’assises. Les accusés ont fait face à un millier de parties civiles. Au cours de l’audience des dizaines de rescapés et proches de victimes ont livré des témoignages poignants sur leurs séquelles physiques ou psychologiques.

Beaucoup d’entre eux se sont plaints de la complexité des démarches pour faire reconnaître leur préjudice par l’Etat ou les assurances. En signe de protestation une vingtaine de parties civiles arboraient lors du verdict des sweat-shirts blancs avec des slogans comme « victims never identified » ou « victims abused by expert doctors » ( « victimes jamais identifiées », « abusées par des médecins-conseils »).

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