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procesLe suspect du meurtre de l’infirmière au CHU de Reims face à la justice

Infirmière tuée au CHU de Reims : Le suspect face à la justice pour une ancienne agression

procesSuspecté d’avoir tué une infirmière en mai dernier à Reims, un homme de 59 ans, souffrant de troubles psychiatriques, est également soupçonné d’avoir agressé cinq ans plus tôt quatre personnes dans un foyer sociomédical
Le palais de Justice de Reims
Le palais de Justice de Reims - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Thibaut Chevillard

Thibaut Chevillard

L'essentiel

  • Franck Freyburger a été interpellé en mai 2022 après avoir agressé avec un couteau une infirmière et une secrétaire médicale du CHU de Reims. L’une des victimes, âgée de 37 ans et mère de deux enfants, est décédée. Le suspect a été mis en examen et placé en détention provisoire.
  • Cet homme de 59 ans, qui souffre de schizophrénie et de paranoïa, est également soupçonné d’avoir agressé en 2017 quatre personnes dans un établissement d’aide par le travail (ESAT) où il travaillait.
  • Abolition ou altération du comportement ? Six ans après les faits, les experts qui l’ont examiné durant l’instruction ne se sont pas mis d’accord. Les magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims vont tenter, ce vendredi, de trancher la question.

Suspecté d’être l’auteur d’une violente agression en 2017, Franck Freyburger pourra-t-il un jour être jugé ? Ou sa place est-elle à l’hôpital ? C’est la question à laquelle va tenter de répondre ce vendredi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims. Six ans après les faits, les quatre experts qui ont examiné cet homme de 59 ans, lequel souffre de schizophrénie et de paranoïa, ne se sont pas mis d’accord : trois d’entre eux ont conclu à une abolition du discernement, le rendant irresponsable pénalement, une autre à une simple altération du discernement.

Pour trancher, la juge d’instruction chargée du dossier a saisi la cour d’appel. L’audience devait avoir lieu le 26 mai dernier. Elle a été renvoyée à la demande de son avocate, Me Chantal Focachon, et une nouvelle expertise psychiatrique ordonnée. Il faut dire que son client est soupçonné d’avoir tué, deux jours plus tôt, une infirmière de 37 ans en la poignardant, et d’avoir grièvement blessé une secrétaire médicale de 56 ans.

Suivi depuis 1985

Les deux victimes ont été attaquées alors qu’elles se trouvaient dans les vestiaires de leur service, au CHU de Reims. L’infirmière, Carène Mezino, 37 ans, mère de deux enfants de 8 et 11 ans, est décédée quelques heures plus tard. En garde à vue, Franck Freyburger a expliqué avoir donné plusieurs coups de couteau aux victimes « en raison de leur qualité » et en « vouloir à la psychiatrie », a indiqué le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, lors d’une conférence de presse. Au moment de son interpellation, il a déclaré aux policiers qu’à « chaque fois qu’il croiserait une blouse blanche, il la planterait parce qu’il voulait se venger » d’avoir été « maltraité depuis plusieurs années par le milieu psychiatrique », a précisé le magistrat.

Célibataire et sans profession, reconnu comme adulte handicapé et suivi depuis 1985, Franck Freyburger a aussi indiqué avoir imaginé son projet « depuis plusieurs mois ». Quelques heures avant de passer à l’acte, le natif de Mulhouse a acheté le couteau de cuisine qu’il a utilisé. Il a depuis été mis en examen pour « assassinat » et « tentative d’assassinat », et placé en détention provisoire.

Quatre personnes blessées

Deux jours plus tard, il était amené au tribunal de Reims dans une ambulance sous escorte. Entouré par deux infirmiers et trois agents pénitentiaires, il devait donc, cette fois, être entendu dans le cadre de l’affaire qui nous intéresse aujourd’hui : des « violences aggravées » commises avec un couteau en juin 2017 sur quatre personnels d’un établissement d’aide par le travail (ESAT) où il travaillait.

A l’époque, Corinne Langlois était l’une des chefs de service de ce foyer sociomédical, situé au Meix-Tiercelin, près de Vitry-le-François. « Ma collègue et moi rentrions de formation et dans le couloir, il s’est jeté sur nous. J’ai reçu deux coups dans le ventre et un dans le dos. J’ai pensé qu’il s’agissait de coups de poing », a-t-elle raconté à France 3. Mais en allant chercher les secours, elle a vu du sang sur ses mains. Héliportée au CHU de Reims, elle a subi plusieurs opérations très lourdes. Trois de ses collègues ont aussi été blessés par Franck Freyburger.

« Ce qui est arrivé n’a servi à rien »

Cinq ans plus tard, elle a compris qu’il avait récidivé en lisant dans un article « le témoignage du maire de Meix-Tiercelin sur l’agression de l’époque ». Un choc. Corinne Langlois ne peut s’empêcher de ressentir « une très grande colère et de l’incompréhension », comme elle l’a confié à France Bleu Besançon. « Notre crainte, c’était qu’il recommence. Après les faits, il a été pendant plus d’un an en UMD, en unité pour malades difficiles. Il était contre le soin, en colère contre la psychiatrie », a-t-elle expliqué. Avant de souligner : « Il était en rupture de soins. Et personne, à aucun niveau, ne s’en était rendu compte. Ce qui est arrivé n’a servi à rien. »

Contactée, l’avocate de Franck Freyburger n’a pas répondu à 20 Minutes.

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