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ZoophilieJugé pour avoir sodomisé à mort un chat, un homme choque le tribunal

Lille : Jugé pour avoir sodomisé à mort un chat, un homme choque le tribunal par ses réponses

ZoophilieUn Nordiste de 56 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Lille pour des actes de cruauté envers des chats, notamment des faits de zoophilie ayant conduit à la mort de l’un d’eux
Un chat dans un refuge (illustration).
Un chat dans un refuge (illustration). - SYSPEO/SIPA / SIPA
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • Un Nordiste de 56 ans comparaissait dans une affaire de zoophilie et de maltraitance envers des chats.
  • Il lui était reproché d’avoir violé un de ses chats et d’avoir laissé les autres vivre dans des conditions déplorables d’insalubrité et de malnutrition.
  • A la barre, le prévenu n’a cessé de nier les faits qui lui étaient reprochés et son avocat souligne la non-caractérisation des faits de zoophilie.

Au tribunal correctionnel de Lille,

« Il aimait les chats, mais pas de la bonne manière. » Ce jeudi, Gunter I., un Nordiste de 56 ans, comparaît devant le tribunal correctionnel de Lille dans un dossier d’actes de cruauté et sévices graves envers un animal. Sous entendu, le prévenu est accusé d’avoir pratiqué la zoophilie avec une vieille chatte de 17 ans. Un acte « répugnant » auquel l’animal n’a pas survécu. En outre, il lui est aussi reproché de détenir 21 autres chats dans des conditions déplorables.

L’homme est petit, cheveux longs et grisonnants rassemblés en un semblant de queue-de-cheval dans une velléité de masquer une méchante calvitie. Barbe assortie, lunettes, il bondit de son banc à l’appel de son nom pour se ruer à la barre. D’une voix aiguë et nasillarde, il confirme au président son identité. « Monsieur, il vous est reproché d’avoir, entre le 1er et le 9 août 2022, infligé des sévices graves à l’encontre du chat Permafrost au niveau de son appareil génital », récite le président. « On vous reproche aussi la détention d’animaux dans des conditions pouvant être cause de souffrance, en l’espèce 21 chats dans des endroits clos, insalubres, sans lumière et sans soins », poursuit-il. Sur les bancs des parties civiles, pas moins de huit associations sont présentes pour demander des comptes au prévenu.

« Ma mère est ma pire ennemie »

Toute l’affaire part d’un coup de téléphone aux urgences vétérinaires, le 9 août 2022. A l’opératrice, un homme évoque l’éventration d’un chat qu’il a retrouvé avec les entrailles sorties de 15 centimètres. Au cours de la discussion, ce même homme finit par accuser son frère d’avoir sodomisé le chat pendant que sa mère le tenait. Mais cela ne va pas plus loin. Sauf que, quelques jours plus tard, Gunter I., sous un faux nom, apporte dans une clinique vétérinaire de la métropole lilloise son chat Permafrost. Avec les mêmes symptômes que ceux décrits au téléphone. « Vous continuez de nier que vous êtes l’auteur de l’appel aux urgences vétérinaires ? Même si votre mère a reconnu votre voix sur l’enregistrement ? Même si l’appel a été fait depuis votre téléphone ? », demande le président. « Ma mère est ma pire ennemie, elle a pu faire ça pour se venger », tente-t-il. Et le téléphone ? Il ne se souvient plus.

Selon la procédure, Gunter refuse l’opération de sa chatte, « trop onéreuse » et il signe une décharge pour la récupérer. A la vétérinaire de la clinique, il a déclaré : « Elle est comme ma femme, elle a besoin d’être soutenue. » Une phrase qui a marqué le président, la procureure, les parties civiles. « Même votre sœur dit que vous avez une relation malsaine avec vos chats, renchérit le président. Trop de coïncidences tuent le hasard », lance-t-il. Le prévenu s’offusque : « Je n’ai pas de problèmes relationnels, j’ai des compagnes. » « Humaines ou animales ? », ironise le président.

Vaille que vaille, le prévenu reste inflexible dans sa version. Pour lui, Permafrost est sortie un soir et il l’a retrouvée blessée dans son jardin. « Soit je la laissais crever, soit j’essayais de la sauver avec le risque que l’on m’accuse. » « Alors pourquoi avoir attendu plusieurs jours et pourquoi ne pas avoir prévenu tout de suite la police ? », l’interroge la procureure. On ne saura pas.

« Mon objectif était l’épanouissement des chattes dans leur féminité »

Gunter I. s’enfonce aussi dans des explications tarabiscotées sur les conditions de vie des 21 chats saisis à son domicile. « Vous faites du mimétisme, mais ce qui peut être un capharnaüm pour l’homme est un terrain de jeux pour les chats », insiste-t-il. Et les puces, l’absence de soins, le manque de nourriture, la puanteur, l’enfermement ? Il nie, encore et encore. « Aucun n’est jamais allé chez le vétérinaire, même pour une stérilisation », tonne le président. « Je suis contre, mon objectif était l’épanouissement des chattes dans leur féminité », ose le prévenu. Etranglement général.

Si l’expertise psy a conclu à une « altération du discernement », Gunter s’en défend lui-même, affirmant que tout va bien. L’avocate de la LPA brandit la photo de l’appareil génital meurtri de la petite chatte. Pour elle, le prévenu est un « pervers », mais il « n’est pas si fou que l’on pourrait le croire ». Le conseil de « Chihuahua en détresse » voit en lui un « prédateur sexuel », un autre s’inquiète qu’une telle « violence envers les animaux ne précède la même chose sur des êtres humains ».

« Vous restez dans le déni, tout ce que vous dites est en contradiction avec les éléments de procédure », insiste le président du tribunal. Peut-être, mais mentir n’est pas synonyme de culpabilité pour la défense. « Il n’y a pas d’ADN, aucun élément qui matérialise les faits de sévices graves », commence maître Ferot, l’avocat du prévenu. « En revanche vous avez la possibilité de douter. Et dans ce cas, vous devez relaxer », demande-t-il à la cour. De son côté, le ministère public a requis dix mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans et l’interdiction définitive de détenir un animal. Délibéré le 28 septembre.

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