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JUSTICELe suspect du meurtre de Mahamadou Cissé à Charleville-Mézières libéré

Charleville-Mézières : Le suspect du meurtre de Mahamadou Cissé libéré vendredi

JUSTICELe suspect, âgé de 83 ans, a interdiction de détenir une arme, de se rendre dans les Ardennes et de quitter le territoire national, selon l’ordonnance de mise en liberté prise vendredi
Des centaines de personnes se sont rassemblés le 20 mai à Charleville-Mézières, dans le nord de la France, en hommage à Mahamadou Cissé, tué le 20 décembre 2022.
Des centaines de personnes se sont rassemblés le 20 mai à Charleville-Mézières, dans le nord de la France, en hommage à Mahamadou Cissé, tué le 20 décembre 2022. - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Une décision « incompréhensible » pour les parties civiles. L’ex-militaire octogénaire, soupçonné d’avoir tué un jeune voisin à Charleville-Mézières (Ardennes) il y a sept mois, a été remis en liberté vendredi, a-t-on appris de source proche du dossier. Le suspect, âgé de 83 ans, a interdiction de détenir une arme, de se rendre dans les Ardennes et de quitter le territoire national, selon l’ordonnance de mise en liberté prise vendredi, dont l’AFP a eu connaissance.

Le 9 décembre 2022, Mahamadou Cissé, 21 ans, avait été tué d’un coup de fusil dans le quartier prioritaire Ronde-Couture. Le procureur de Reims lors des faits, Matthieu Bourrette, avait alors évoqué un possible « meurtre par exaspération ». En mai, quelque 300 personnes s’étaient rassemblées à Charleville-Mézières pour demander justice pour Mahamadou Cissé, et sa sœur avait évoqué un « dossier bâclé ».

Une enquête bâclée et un suspect raciste ?

Selon le procureur de Reims, l’auteur présumé, un ouvrier retraité ancien membre de commandos de marine ayant participé à la guerre d’Algérie, avait déclaré avoir ouvert le feu après avoir été insulté par ce jeune homme et pris à partie par son groupe.

Mais la famille de la victime a déploré de nombreuses négligences dans l’enquête, signe de « mépris » voire de « racisme », et les parties civiles souhaitent que soit retenue la préméditation, l’octogénaire ayant proféré des menaces dont la police avait été informée.

Le prévenu, « soutenu par l’extrême droite par le biais d’une pétition et d’une cagnotte, a regagné sa liberté (….) après seulement six mois de détention », a déploré l’avocat de la famille de la victime, Me Saïd Harir. « Cette décision (…) est incompréhensible pour la famille du défunt », ajoute l’avocat dans un communiqué, faisant valoir que l’instruction n’en est qu’à ses débuts : la confrontation prévue avec un témoin direct n’a pas eu lieu, de même que la reconstitution. Soulignant que « les témoignages évoquent un individu raciste », l’avocat a estimé qu'« habiter dans un quartier défavorisé et être de couleur ne devrait jamais être une justification à perdre la vie ».


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