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INVESTIGATIONSUn adjoint d’Estrosi visé par une enquête pour « prise illégale d’intérêts »

Nice : Le premier adjoint de Christian Estrosi visé par une enquête pour « prise illégale d’intérêts »

INVESTIGATIONSLe domicile d’Anthony Borré ainsi que les locaux de l’ordre des avocats ont été perquisitionnés ce jeudi. La justice s’interroge sur les conditions de son accession récente à la fonction d’avocat
Anthony Borre, premier adjoint de Christian Estrosi, est délégué à la proximité, à la sécurité, au logement et à la rénovation urbaine.
Anthony Borre, premier adjoint de Christian Estrosi, est délégué à la proximité, à la sécurité, au logement et à la rénovation urbaine. - Syspeo / Sipa / Sipa
Fabien Binacchi

F.B.

L'essentiel

  • Une enquête visant le premier adjoint au maire de Nice Anthony Borré est ouverte pour « prise illégale d’intérêt par une personne investie d’un mandat électif ou d’une mission de service public » et « recel » de ce délit.
  • Elle « est relative aux conditions dans lesquelles le premier adjoint au maire de Nice avait bénéficié d’un avis favorable, par le conseil de l’Ordre des avocats du barreau de Nice, pour accéder à la profession d’avocat », précise le procureur.
  • Le domicile d’Anthony Borré et les locaux de l’ordre des avocats ont été perquisitionnés ce jeudi.

Mi-mai, le parquet de Nice indiquait que l’éventuel lancement d’investigations était encore « à l’étude ». Entre-temps, il a été acté. Le domicile d’Anthony Borré et les locaux de l’ordre des avocats ont été perquisitionnés ce jeudi dans le cadre d’une enquête pour « prise illégale d’intérêt par une personne investie d’un mandat électif ou d’une mission de service public » et « recel » de ce délit, a indiqué à 20 Minutes le procureur de la République Xavier Bonhomme, confirmant une information de BFM Nice Côte d’Azur.

Cette enquête « est relative aux conditions dans lesquelles le premier adjoint au maire de Nice avait bénéficié d’un avis favorable, par le conseil de l’Ordre des avocats du barreau de Nice, pour accéder à la profession d’avocat », précise le magistrat.

Un signalement d’un élu d’opposition

La justice avait été saisie par un élu EELV au conseil municipal. Il y a un peu plus d’un mois, Jean-Christophe Picard avait transmis un signalement sur des soupçons de conflit d’intérêts dans cette décision d’autoriser Anthony Borré à porter la robe noire sans avoir passé le certificat d’aptitude. Il pointait alors le rôle qu’aurait joué Me Adrien Verrier, le bâtonnier de Nice, également avocat de la ville. Et reprochait également au rapporteur de la candidature, un ancien bâtonnier, d’être lié à la ville en tant que défenseur d’une société d’économie mixte où la municipalité est majoritaire.

« Cette perquisition intervient à un moment classique de la procédure et permettra aux enquêteurs de démontrer la probité et l’intégrité de mon client dans l’affaire qui l’oppose à [Jean-Christophe] Picard », a réagi Xavier Cachard, l’avocat d’Anthony Borré, dans un communiqué transmis à 20 Minutes. Il assure également que l’élu a accédé à la profession d’avocat après une procédure respectant la réglementation, après notamment « un examen de contrôle de connaissances ».

Un autre recours déposé par un avocat

« Préalablement à cet examen, mon client avait été auditionné par vingt-quatre avocats du barreau de Nice et a produit plusieurs centaines de documents attestant qu’il remplissait les conditions permettant d’accéder à la profession. Si l’audition de mon client n’avait pas été pertinente et les pièces probantes, les avocats, hommes et femmes de droit, n’aurait pas voté en faveur de [son] admission au sein de notre profession », conclut-il.

La procédure de dispense du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa) impose notamment d’avoir exercé pendant au moins huit ans des fonctions à caractère juridique. Pour obtenir cette dispense, Anthony Borré s’est prévalu devant le conseil de l’Ordre d’avoir été entre 2011 et 2020 directeur de cabinet du maire de Nice. Un autre avocat du barreau de Nice a également introduit un recours pour faire annuler cette décision.

Mis en cause, Me Adrien Verrier avait précisé dès le mois de mai qu’il ne prenait pas part à ces votes : « Je ne prends aucune décision, ce n’est pas moi qui ai décidé du rapporteur ni instruit le dossier », avait-il expliqué. Il réfutait toute situation de conflit d’intérêts et indiquait n’avoir eu qu’un rôle purement « administratif ».

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