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SANTÉLa veuve du cardiologue qui s’est suicidé dénonce des « propos dénigrants »

Procès de l’AP-HP : Après le suicide d’un cardiologue, sa veuve dénonce des « propos dénigrants »

SANTÉJean-Louis Mégnien s’est donné la mort sur son lieu de travail le 17 décembre 2015
Entrée de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. (Illustration)
Entrée de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. (Illustration) - A. Gelebart / 20 Minutes
20 Minutes avec AFP

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Au procès à Paris de l’AP-HP et de quatre responsables de l’hôpital Georges-Pompidou, jugés pour harcèlement moral après le suicide d’un cardiologue en 2015, la veuve du professeur a regretté les « propos dénigrants » qui avaient visé son mari pendant l’enquête. « Je suis très émue de pouvoir prendre la parole », a dit à la barre Sophie Mégnien, qui avait choisi de ne pas s’exprimer publiquement depuis la mort de son mari « pour que la justice puisse faire son travail ».

Et ce, « malgré les propos dénigrants sur l’état de santé de mon mari, sur notre couple », ajoute-t-elle la voix tremblante devant le tribunal correctionnel, au sujet des « accusations » de certains des mis en cause pendant l’enquête sur les raisons du suicide de Jean-Louis Mégnien. « On a dit beaucoup de choses sur mon mari », lance-t-elle.

Dans l’après-midi du 17 décembre 2015, ce professeur en cardiologie de 54 ans s’était jeté par la fenêtre de son bureau, au septième étage de l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). Il avait repris le travail trois jours plus tôt, après neuf mois d’arrêt maladie. Son épouse, également médecin et qui avait rencontré son mari à l’hôpital, comme elle l’a précisé à la barre, avait rapidement porté plainte et une enquête pour harcèlement moral avait été ouverte.

Maltraitance et « placardisation »

Des collègues du Pr Mégnien avaient rapporté sa « descente aux enfers progressive » depuis deux ans. Les « maltraitances » et « manœuvres » de ses supérieurs pour que le poste de chef de service de médecine préventive cardiovasculaire qu’il convoitait lui échappe, et l’organisation de sa « placardisation ».

« Mon mari n’est plus là et les personnes mises en cause ont pu continuer leurs carrières tranquillement », poursuit Sophie Mégnien, pantalon blanc et ample tunique bleue sur le dos. Elle parle sous le regard de leurs cinq enfants, assis sur le banc des parties civiles. « Bien entendu c’est très difficile pour nous de voir ces personnes. »

Trois supérieurs hiérarchiques mis en cause

Les prévenus, trois professeurs supérieurs hiérarchiques de Jean-Louis Mégnien et la directrice de l’hôpital de l’époque, se sont levés tour à tour pour exprimer à la barre leur « compassion » envers la famille face à ce « drame » qui a touché la profession. « Jamais je n’ai pensé, ni volontairement ni involontairement, avoir des actions qui auraient pu être rapprochées d’un harcèlement, et j’espère que ces audiences permettront de m’expliquer », a déclaré l’un des professeurs, Alain S., costume gris et fines lunettes.

Le représentant légal de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) n’a pas fait de déclaration. Le procès est prévu jusqu’au 7 juillet.

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