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Interdit à la barreLourdes peines lors d’un procès marqué par une procédure exceptionnelle

Nîmes : Lourdes peines à l’issue d’un procès marqué par une procédure exceptionnelle

Interdit à la barreLors de ce procès pour braquage, la bâtonnière, estimant les droits de la défense bafoués, a frappé la barre d’interdit. Plus aucun avocat ne plaide à Nîmes jusqu’à ce vendredi soir
La Cour d'assises de Nîmes
La Cour d'assises de Nîmes - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse / Agence Maxele Presse
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • La cour d’assises du Gard a condamné sept personnes pour une série de braquages et des home-jackings.
  • Ce procès tumultueux a été marqué par une procédure rare : l’interdit à la barre décrétée par la bâtonnière du barreau de Nîmes, Khadija Aoudia.
  • Selon l’avocate, les droits de la défense ont été bafoués. Plus aucun avocat ne plaide à Nîmes jusqu’à ce vendredi.

Sept personnes ont été condamnées à des peines allant de cinq à trente ans de prison par la cour d’assises du Gard. Elles étaient accusées d’une série de home-jacking et de braquages durant quatre jours, perpétrés au cours du mois d’août 2020 entre les Bouches-du-Rhône et le Gard.

Ce verdict, qui devrait faire l’objet d’un appel, est la conclusion de quatre jours de procès particulièrement houleux. Dès son ouverture, lundi, l’un des accusés a craché au visage de son avocat, commis d’office après le désistement de celle qui devait assurer sa défense. Il avait alors annoncé son intention de porter plainte et de se désister à son tour.

Plusieurs demandes de renvoi rejetées

Refusant de désigner un nouvel auxiliaire de justice, la bâtonnière du barreau de Nîmes Khadija Aoudia avait décidé de défendre elle-même les intérêts de l’accusé. Tout en demandant le renvoi du procès, afin de pouvoir assumer correctement la défense de son nouveau client. Devant le refus de la cour, la bâtonnière a alors « frappé la barre d’interdit ». Les autres demandes de renvoi demandées les jours suivants ont toutes été également refusées.

L’interdit à la barre est une mesure exceptionnelle offerte au bâtonnier afin d’interdire à ses confrères de prendre la parole pendant un procès. Elle est généralement prise lorsque le bâtonnier estime que les droits de la défense ne sont pas respectés. Elle a été étendue à toutes les audiences à la cour d’assises du Gard mais aussi au tribunal correctionnel de Nîmes jusqu’à ce vendredi, inclus.

De son côté, l’avocat général Denis Mondon a expliqué à Midi Libre qu’il avait proposé au début de ce procès « une suspension d’une demi-journée voire d’une journée pour permettre à Me Khadija Aoudia de préparer la défense de cet accusé ».

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