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PROCèSQui a tué Marie-Bélèn Pisano à la station de métro de la Timone ?

Marseille : Qui a tué Marie-Bélèn Pisano à la station de métro de la Timone ?

PROCèSEn ce troisième jour de procès d’assises, un faisceau d’indices a conduit vers le principal suspect, qui nie toute implication dans ce meurtre commis en mars 2019 sur une jeune étudiante à Marseille
Environ 250 personnes ont rendu hommage à Marie-Bélen, tuée le 17 mars à Marseille.
Environ 250 personnes ont rendu hommage à Marie-Bélen, tuée le 17 mars à Marseille. - J. Saint-Marc / 20 Minutes / J. Saint-Marc / 20 Minute
Mathilde Ceilles

Mathilde Ceilles

L'essentiel

  • En mars 2019, Marie-Bélèn Pisano, une étudiante de 21 ans, a été tué d’un coup de couteau à la station de métro de la Timone, à Marseille.
  • Le procès de ce meurtre s’est ouvert devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence ce lundi avec, dans le box des accusés, un suspect, Yanis, âgé de 17 ans au moment des faits.
  • En ce troisième jour, un faisceau d’indices a conduit vers le jeune homme, qui clame son innocence.

Les images de vidéosurveillance qui ont immortalisé la triste scène en ce dimanche soir de mars 2019 sont floues et sombres. Mais les progrès technologiques n’ont cure du manque de visibilité pour éclairer la cour d’assises d’Aix-en-Provence, en ce troisième jour de procès. A la barre, un criminologue présente une modélisation en 3D de la scène du meurtre qui a coûté la vie à la jeune Marie-Bélèn Pisano.

Sur les images reconstituées, on aperçoit distinctement un homme vêtu d’une longue parka sombre et d’une capuche qui lui cache une partie du visage. L’homme se trouve tout près de la jeune étudiante en anthropologie, sur l’escalator de la station de métro de la Timone à Marseille. Il assène un premier coup à la victime, qui tente de se défendre. Elle s’effondre au sol et essaie de prendre la fuite, suivie par son agresseur. Le rapport du médecin légiste présenté ce mercredi à la cour d’assises est formel : Marie-Bélèn Pisano est décédée d’un coup de couteau qui l’a mortellement blessée à l’artère pulmonaire. Elle avait 21 ans.

Mais qui est donc l’homme à la parka qui a tué la jeune étudiante ? Derrière le box, Yanis* regarde les images, impassible. Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 20 ans, clame depuis le début de la présidence son innocence. Tout juste concède-t-il ne fréquenter que très rarement ce quartier, où son meilleur ami vit en foyer. Les enquêteurs, de leur côté, sont convaincus que Yanis, alors âgé de 17 ans, est l’auteur des faits. Une trace ADN de l’adolescent a été retrouvée sur une parka de son oncle, semblable à celle que porte le meurtrier. Une autre a été identifiée sur la chaussette de la victime. Sur le grand écran, dans un silence studieux, le criminologue passe au ralenti la scène. La prouesse technologique permet de la visionner sous un angle nouveau. Un angle qui montre un contact entre la main du suspect et le bas de la jambe de la victime, alors que celle-ci se débat.

Une témoin note « une expression qui est semblable »

A la barre, quatre témoins de la scène macabre se succèdent. A chacune de leur audition, le président réitère la même scène. Le jeune Yanis se lève, et les témoins sont invités à le dévisager. Puis cette sempiternelle question : « L’homme qui est assis dans le box correspond-il à celui que vous avez vu le jour des faits ? » Une jeune sage-femme, présente par hasard sur le lieu du crime avec son compagnon pompier qui a prodigué les gestes de premier secours à la victime, peine à répondre, se racle la gorge. Le président insiste. « C’est dur, mais pour moi, il y a une expression qui est semblable. »

Quelques heures plus tôt, Me Beryl Brown, avocate de la partie civile, demande au président de diffuser sur l’écran géant une image extraite de la vidéosurveillance. La vidéo a été capturée à proximité des lieux du crime, quelques minutes auparavant. En zoomant sur l’image sombre et floue, on distingue sous la capuche de la parka sombre les yeux et le nez d’un visage juvénile, de profil. Le hasard fait que le suspect offre à la cour le même profil, alors qu’il observe cette image sur l’écran de la cour d’assises. Dans le public, les regards vont de l’image au visage. « C’est lui ! », s’exclament dans un souffle les proches de Marie-Bélèn Pisano dans le public. « Je ne peux pas dire que c’est vous, mais il y a une légère ressemblance quand même », lance Me Beryl Brown à l’attention de Yanis. « Ramenez-moi la parka et faites-moi faire une reconstitution, s’emporte le jeune homme. Déjà, mon oncle faisait deux mètres. Si je la mets, la veste, c’est une robe. Elle m’arrive aux baskets ! »

Interrogé par le président sur le faisceau de preuves qui conduit vers lui, le jeune homme, déjà connu pour des faits liés aux stupéfiants, se défend bec et ongles. « Je vais vous dire la vérité. En gros, je suis innocent. Genre, j’aurais pas fait un truc comme ça. Je suis pas d’une nature comme ça. J’ai déjà fait des conneries. Mais des meurtres, c’est pas mon truc. Je suis pas quelqu’un de mauvais à ce point. » Le jeune homme pourrait a minima écoper de vingt ans de prison si l’excuse de minorité est maintenue. Il encourt sinon la perpétuité.

*Le prénom a été modifié.

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