Brest : Le maire François Cuillandre sera jugé pour des soupçons d’abus de confiance

Corruption Maire de Brest depuis 2002, le socialiste est poursuivi pour avoir perçu de l’argent d’une association d’élus PS

C. A. avec AFP
François Cuillandre, maire de Brest depuis 2002, sera jugé en correctionnelle dans une affaire de soupçons de fonds détournés au profit d'élus socialistes.
François Cuillandre, maire de Brest depuis 2002, sera jugé en correctionnelle dans une affaire de soupçons de fonds détournés au profit d'élus socialistes. — L. Marin/AFP

Dans une ordonnance rédigée le 16 janvier, la juge d’instruction est claire. « Il existe des charges suffisantes justifiant le renvoi de monsieur Cuillandre devant le tribunal correctionnel des chefs de recel d’abus de confiance. » Le maire PS de Brest, 67 ans, sera donc bientôt jugé en correctionnelle pour « recel d’abus de confiance » dans le cadre de l’enquête sur les indemnités des élus socialistes de la ville. Mis en examen en 2019, François Cuillandre avait tout de même été élu en 2020 aux élections municipales.

L’affaire avait débuté le 11 avril 2018 après la publication de plusieurs articles du quotidien régional Le Télégramme, évoquant de possibles détournements de fonds commis par l’association Vivre à Brest. Cette association, qui éditait le journal des élus PS au conseil municipal, percevait les indemnités directement de la trésorerie municipale de Brest, avant de les reverser aux élus, dans le cadre d’un système de mutualisation.

Des revenus dissimulés aux impôts

Le président de l’association Alain Masson, mort en novembre 2020, continuait cependant à toucher ses indemnités, tout en ayant perçu 485.955 euros de l’association de 2007 à 2018. « Ces revenus apparaissaient avoir été dissimulés à l’administration fiscale », souligne la juge. Elu maire de Brest en 2002, François Cuillandre ne participait pas à ce système de mutualisation. Mais l’enquête a montré qu’il avait perçu 46.000 euros entre janvier 2007 et novembre 2016, notamment pour des remboursements de frais de campagne ou de cotisations au parti socialiste. Le maire socialiste avait expliqué avoir été « un gros contributeur de l’association » évoquant un versement total de 100.000 euros.

Anticor s’est dite « très satisfaite de cette décision de justice ». L’association de lutte contre la corruption dénonce depuis le début de l’affaire « un système organisé ». François Cuillandre sera jugé seul, l’action publique est éteinte à l’encontre de deux autres conseillers municipaux mis en examen, aujourd’hui décédés.