Montpellier : L’homme qui a tenté d’égorger le metteur en scène Alain Françon condamné à 25 ans de prison

ASSISES Mohamed Kamel avait tranché le cou de l’artiste, qu’il avait frappé au hasard dans la rue, par frustration de ne pas avoir été reçu en préfecture pour prolonger sa carte de séjour

Jérôme Diesnis
Le metteur en scène Alain Françon, lors de la remise des Molières (Archives)
Le metteur en scène Alain Françon, lors de la remise des Molières (Archives) — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

A l’issue de trois jours de débats devant la cour d’assises de l’Hérault, Mohamed Kamel, 33 ans, a été condamné à vingt-cinq ans de prison, dont deux tiers assortis de sûreté, pour avoir tranché la gorge d’Alain Françon. L’auteur et metteur en scène, dont la riche carrière a été saluée par trois « Molières », l’équivalent des Césars dans le monde du théâtre, avait été agressé gratuitement alors qu’il se baladait dans une rue du centre-ville de Montpellier, le 17 mars 2021.

Son agresseur venait d’être refoulé de la préfecture, où il s’était rendu pour prolonger son titre de séjour, parce qu’il n’avait pas pris rendez-vous. Par frustration, il s’en était pris à l’artiste, complètement au hasard, et lui avait tranché le cou au cutter, causant une plaie profonde de 15 centimètres qui avait frôlé la carotide.

A l’énoncé du verdict, Mohamed Kamel insulte la présidente

L’intervention de passant et d’une pharmacienne qui avaient tenté de limiter au maximum sa perte de sang, notamment grâce à l’action des pansements américains, lui avait sauvé la vie.

Devant les assises, Mohamed Kamel, un Algérien arrivé en France à 11 ans, qui a passé une partie de sa vie en prison, s’est montré absent. Mais à l’énoncé du verdict, il a insulté la présidente qui l’a expulsé de la salle. La cour n’a pas retenu l’altération mentale suggérée par l’expert psychiatre. Luc Abratkiewicz, l’avocat de l’artiste, évoque « une peine qui correspond à la gravité des faits et à la dangerosité de M. Kamel. »