Saint-Jean-de-Luz : Fin des investigations dans l’enquête visant Michèle Alliot-Marie pour prise illégale d’intérêt

subventions La justice reproche à l’ancienne garde des Sceaux d’avoir subventionné, lorsqu’elle était élue au conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz, une association travaillant pour son père

20 Minutes avec AFP
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Michèle Alliot-Marie a été mise en examen pour prise illégale d’intérêt.
Michèle Alliot-Marie a été mise en examen pour prise illégale d’intérêt. — WITT

Un juge d’instruction de Nanterre a clôturé l’enquête visant l’ancienne figure de la droite Michèle Alliot-Marie. L’ancienne ministre a été mise en examen pour prise illégale d’intérêt dans le cadre d’une enquête concernant des subventions versées à une association de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) lorsqu’elle était élue municipal.

Le magistrat a informé au printemps les parties de la fin de l’information judiciaire. Il appartient au parquet de Nanterre de rendre son réquisitoire définitif, avant une décision finale du juge d’instruction.

Des subventions à une association travaillant pour le père de « MAM »

L’affaire remonte à 2012. A l’époque, la cellule antiblanchiment de Bercy réalise un signalement en raison de mouvements de fonds suspects entre l’office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz et l’hôtel Chantaco, dirigé par le père de Michèle Alliot-Marie, Bernard Marie, ancien député-maire de Biarritz, décédé en 2015.

Le parquet de Nanterre ouvre une information judiciaire en 2013, visant Bernard Marie mais aussi sa fille, maire de Saint-Jean-de-Luz de 1995 à 2002 et qui réside alors à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine.

Lors de l’instruction, les enquêteurs repèrent également des subventions versées chaque année par la mairie de Saint-Jean-de-Luz à une association, la Fondation du bénévolat, par le biais de l’office du tourisme de la ville. Cette association a pour rôle essentiel l’organisation du Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz, présidé par Bernard Marie.

Des flux créditeurs supérieurs à 260.000 euros

Entre janvier 2010 et octobre 2012, cette association aurait enregistré sur son compte bancaire des flux créditeurs supérieurs à 260.000 euros provenant, notamment, de l’Office du tourisme de Saint-Jean-de-Luz, lui-même subventionné par la municipalité.

Chaque année, l’association reçoit notamment 25.000 euros de la part de la mairie. Or entre 2009 et 2013, date de la dernière édition de ce festival, Michèle Alliot-Marie était adjointe au maire, en plus de ses fonctions de garde des Sceaux puis de ministre des Affaires étrangères. « MAM », âgée aujourd’hui de 76 ans, participait ainsi « personnellement ou par procuration » aux votes portant sur les budgets, les comptes financiers et les conventions d’objectifs de l’Office du tourisme de la ville.

La justice lui reproche donc d’avoir subventionné une association travaillant pour son père, ce qu’ont toujours contesté ses avocats. En novembre 2020, ils ont obtenu notamment une réduction de la période des faits, après une décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Versailles, indiquant que le juge d’instruction n’était « pas saisi de faits de prise illégale d’intérêt susceptibles d’avoir été commis en 2013 ».

Ses avocats Christophe Ingrain et Rémi Lorrain n’ont pas souhaité faire de commentaire.