Affaire Tariq Ramadan : L’islamologue jugé en 2023 à Genève pour une affaire de viol

proces L’islamologue suisse Tariq Ramadan sera jugé l’an prochain pour viol par la justice genevoise a annoncé lundi le bureau du procureur. Les faits qui lui sont reprochés datent de 2008

20 Minutes avec AFP
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L'islamologue suisse Tariq Ramadan sera jugé l'an prochain à Genève pour viol pour des faits remontant à une quinzaine d'années.
L'islamologue suisse Tariq Ramadan sera jugé l'an prochain à Genève pour viol pour des faits remontant à une quinzaine d'années. — Michel Spingler/AP/SIPA

Il devra répondre d’accusations lourdes. L’islamologue suisse Tariq Ramadan, 60 ans, est renvoyé devant « le Tribunal correctionnel » de Genève pour « viol » et « contrainte sexuelle », comme l’annonce le bureau du procureur ce lundi.

Dans cette affaire, la plaignante, surnommée « Brigitte » dans les médias suisses, accuse le célèbre prédicateur de l’avoir entraînée dans une chambre d’hôtel à Genève le soir du 28 octobre 2008, où il l’aurait soumise à des actes sexuels brutaux, accompagnés de coups et d’insultes.

Convertie à l’islam, elle avait fait sa connaissance quelques mois auparavant lors d’une séance de dédicace et d’une conférence en septembre 2008. Une correspondance de plus en plus intime s’était alors nouée entre eux sur les réseaux sociaux Facebook et MSN. Le soir des faits, elle avait rendez-vous avec le célèbre prédicateur pour prendre le thé.

Incarcéré dix mois en France en 2018 pour une affaire de viols

L’enquête a avancé lentement car l’islamologue, alors en détention provisoire à Paris pour d’autres accusations de viols, ne pouvait pas être entendu. Placé sous contrôle judiciaire à sa sortie en novembre 2018, il avait l’interdiction de quitter le territoire français. Le procureur a donc dû attendre le feu vert des autorités judiciaires françaises pour l’entendre à Paris.

Tariq Ramadan, qui a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre « Brigitte », a reconnu avoir rencontré la femme mais affirme avoir renoncé à la relation sexuelle, selon ses avocats.


En France, le parquet de Paris a requis en juillet que l’islamologue soit jugé aux assises pour des viols sur quatre femmes, qui auraient été commis entre 2009 et 2016. Mais en août, ses avocats ont demandé la suspension de l’instruction, tant que la cour d’appel ne se sera pas prononcée sur les expertises concluant à l' « emprise » de M. Ramadan sur les quatre plaignantes.