Valérie Pécresse visée par une enquête du PNF pour ses liens avec Alstom

Conflit d’intérêts La présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, et son mari possèdent des actions Alstom, qui construit des trains pour IDFM

20 Minutes avec AFP
Valerie Pécresse, Presidente du Conseil regional d Ile-de-France.
Valerie Pécresse, Presidente du Conseil regional d Ile-de-France. — JEANNE ACCORSINI

C’était une révélation du média Blast : le couple que forment Jérôme et Valérie Pécresse, cette dernière étant la présidente de la région Ile-de-France, « possède des actions chez Alstom », quand bien même celle-ci préside l’autorité de transports Ile-de-France Mobilités (IDFM). À la suite de ces révélations, le Parquet national financier (PNF) a décidé d’ouvrir une enquête, nous apprend l’AFP, de source judiciaire.

Deux élus écologistes du conseil régional l’Île-de-France et un adjoint au maire de Paris avaient annoncé saisir la justice le 21 février, lorsque la présidente de la région Ile-de-France était candidate à l’élection présidentielle. « Très clairement, il y a un réel problème entre la fonction de présidente et le fait de détenir des intérêts importants chez un des opérateurs. Le code des transports est clair, nous ne pouvons être liés par des intérêts à des opérateurs qui travaillent avec IDF Mobilités », avait alors déclaré David Belliard, adjoint (EELV) à la maire de Paris Anne Hidalgo (PS).

Montage par fiducie

Ces élus s’appuient sur un article en janvier du média en ligne Blast, selon lequel la présidente de la région avait « invisibilisé » des actions d’Alstom qu’elle détenait avec son époux afin qu’elles n’apparaissent plus dans ses déclarations d’intérêts. Jérôme Pécresse travaillait chez Alstom jusqu’au rachat des activités énergie du groupe par General Electric en novembre 2015. Une possible prise illégale d’intérêts.



Un mois après, Valérie Pécresse était élue à la tête de la région et créait rapidement, selon Blast, une fiducie, montage aussi connu sous le terme anglo-saxon de trust, pour qu’une banque gère ce portefeuille d’actions à leur place. Depuis, IDFM a commandé près de 2,4 milliards d’euros de matériel roulant à Alstom, selon les élus écologistes.

« M. Pécresse a vendu toutes les actions Alstom »

« Or, Mme Pécresse ne s’est pas abstenue de participer pendant cette période à l’examen des dossiers et au choix des entreprises soumises au vote du CA […] qui ont abouti au choix de l’entreprise Alstom comme fournisseur, […] alors qu’elle et son époux étaient détenteurs d’actifs financiers de cette entreprise », affirmaient-ils.

« Après le début de son mandat, ni elle, ni lui n’ont plus jamais été propriétaires d’actions Alstom, ni intéressés aux résultats de l’entreprise ou à l’évolution du cours de l’action », avait alors rappelé l’entourage de Valérie Pécresse. « M. Pécresse a immédiatement vendu toutes les actions Alstom » qu’il possédait après l’élection de son épouse. Une fiducie a été constituée auprès d’une banque pour réceptionner le solde des actions « incessibles » et les vendre une fois devenues cessibles à un prix inférieur au cours de l’action, avait précisé la même source.