Colmar : Un homme condamné à sept ans de prison pour avoir délaissé sa mère

justice La cour d’assises de Colmar a condamné mercredi un homme de 65 ans à sept ans de prison pour avoir délaissé sa mère, décédée à l’âge de 86 ans dans un état de délabrement physique avancé

G.V. avec AFP
— 
Illustration Code Pénal,  justice
Illustration Code Pénal, justice — G. V / 20 MINUTES

Après trois jours de débats, la cour d’assises de Colmar (Haut-Rhin) a condamné mercredi un homme de 65 ans à sept ans de prison pour avoir délaissé sa mère. Cette dernière était décédée à l’âge de 86 ans, dans un état de délabrement physique avancé. Le médecin de la vieille dame a, lui, écopé de trois ans de prison avec sursis, pour non-assistance à personne en danger. Il avait au préalable reçu un blâme par le Conseil de l’ordre et avait pris sa retraite en avril 2021. La fille de la victime, âgée de 61 ans, placée sous curatelle renforcée et poursuivie pour non-dénonciation de mauvais traitement et non-assistance à personne en danger, a été relaxée.

Les faits remontent à mai 2017. Selon le récit du journal L’Alsace, des ambulanciers avaient été appelés pour déplacer d’un étage à un autre l’octogénaire, dans un immeuble d’un quartier « très défavorisé » de Mulhouse. Sur place, ils découvrent une femme couverte d’escarres et de plaies, présentant des signes de dénutrition et de déshydratation. Ils décident de la transporter aux urgences, où elle décède quelques heures plus tard. L’expertise psychologique insistera au procès sur la « pauvreté relationnelle » et la « grande pauvreté affective » dans laquelle vivait la famille.

Elle « n’avait plus quitté son lit ni été douchée » depuis deux ans

« Choquée » par l’état du corps de la patiente, l’équipe hospitalière décidera ensuite d’effectuer un signalement au procureur de la République. L’enquête a établi que la victime, qui vivait avec son fils, n’avait plus quitté son lit ni été douchée depuis 2015. Selon plusieurs témoins, le fils, qui percevait le RSA, sans autre lien social ou affectif que celui partagé avec sa mère, était « dépassé » par la situation. N’osant plus la laver, il se contentait de lui nettoyer le haut du corps. Il était poursuivi pour « délaissement d’une personne hors d’état de se protéger, suivi de mort ». Le médecin traitant, lui, était venu voir la victime deux jours avant sa mort, pour sa visite mensuelle. Il a expliqué à la cour n’avoir reçu aucune « plainte » de sa patiente, mais a reconnu être « passé à côté » de son état de santé et a admis une « série de défaillances ».