Chantage à la sextape : La justice autorise Mediapart à publier de nouvelles révélations sur Gaël Perdriau

REVIREMENT « Après 12 jours de censure », le média en ligne vient finalement d’obtenir l’autorisation de publier de nouvelles révélations sur « les pratiques politiques » du maire de Saint-Etienne

20 Minutes avec AFP
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Au nom du respect de la vie privée, Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne avait saisi la justice pour faire interdire la publication d'un article de Mediapart promettant d'apporter de nouvelles révélations sur ses "pratiques politiques".
Au nom du respect de la vie privée, Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne avait saisi la justice pour faire interdire la publication d'un article de Mediapart promettant d'apporter de nouvelles révélations sur ses "pratiques politiques". — OLIVIER CHASSIGNOLE/AFP

La justice a autorisé mercredi Mediapart à publier une enquête promettant de nouvelles révélations sur Gaël Perdriau, rétractant une première ordonnance empêchant le média en ligne de publier cet article sur le maire de Saint-Etienne, englué dans une affaire de chantage présumé à la sextape.



« La justice rétracte l’ordonnance qui nous interdisait de publier notre enquête sur les méthodes politiques de Gaël Perdriau », a tweeté le média qui a diffusé dans la foulée l’article « après 12 jours de censure ».

« Mediapart révèle que le maire de Saint-Etienne a lancé une rumeur criminelle, dont il reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit d’une pure calomnie, contre le président de région (Auvergne Rhône-Alpes, centre-est) Laurent Wauquiez », affirme en préambule cet article. Le président Les Républicains (opposition de droite) de la région Auvergne Rhône-Alpes a peu après annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre Gaël Perdriau.

« Liberté de la presse »

Vendredi, le directeur du média d’investigation, Edwy Plenel, avait demandé au tribunal « de mettre fin au plus vite à une attaque sans précédent contre la liberté de la presse », soutenu à l’audience par Reporters sans frontières, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), des syndicats de la profession, la Ligue des droits de l’homme et les associations de la presse judiciaire et des avocats praticiens du droit de la presse.

L’enquête de Mediapart présente un « intérêt public majeur », avait fait valoir Edwy Plenel, relatant comment un maire utilise « le poison de la calomnie » comme « arme politique pour discréditer » un opposant. Surtout, « il n’appartient pas au tribunal de contrôler préalablement une information qui n’a pas été publiée », avait insisté l’avocat de Mediapart, Emmanuel Tordjman. « C’est la gravité de votre décision », avait-il lancé à la magistrate Violette Baty, lui demandant la rétractation de l’ordonnance.

La magistrate est revenue sur sa première décision considérant qu’il y avait eu « rétention d’éléments d’informations », selon la décision qu’a pu consulter l’AFP. La liberté de la presse est en jeu, estimaient dans un texte de soutien à Mediapart une trentaine de sociétés de journalistes.