Ariège : Des chasseurs et anti-ours écopent de trois mois de prison avec sursis pour des heurts contre des écologistes

Justice Ils avaient violemment perturbé une réunion de militants écologistes en 2018

20 Minutes avec AFP
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Lors de la manifestation en octobre dernier à Foix, en Ariège.
Lors de la manifestation en octobre dernier à Foix, en Ariège. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Le 5 mai 2018, alors que des associations écologistes se réunissaient à La-Bastide-de-Sérou, en Ariège, quelque 750 militants anti-ours, chasseurs et syndicalistes agricoles, avaient débarqué et fait irruption dans le village pour manifester leur opposition à la présence de l’ours, au cœur des débats des associations environnementalistes.

Des jets de pierre et agressions avaient eu lieu. Ce mardi, six des militants anti-ours présents ce jour-là ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Foix, ainsi que 500 euros d’amendes.

Deux visions opposées de la protection de l’environnement

Ce dossier, baptisé le « procès de la ruralité », illustre le fossé qui existe dans les Pyrénées entre deux visions de la protection de l’environnement. Le jour de l’audience, en octobre dernier, près de 2.000 personnes étaient venues apporter leur soutien aux prévenus, parmi lesquelles Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA.

Rémi Toulis, le président départemental de ce syndicat agricole s’est dit « abasourdi par la sévérité du jugement ». « On voulait, ce jour-là, montrer notre mécontentement, et c’était organisé avec les forces de l’ordre. Il n’y a eu aucun souci. Franchement, avec ce qu’on voit aujourd’hui à la TV… La justice ariégeoise vient donner un coup d’arrêt et nous prive de notre liberté de parole », a-t-il réagi.



Les condamnés vont faire appel

Quatre organisations ont également été condamnées à 2.000 euros d’amende chacune : l’association anti-ours ASPAP, la FDSEA, les Jeunes agriculteurs (JA) et la fédération des chasseurs. Tous ont indiqué qu’ils allaient faire appel.

De son côté, pour Jérôme Brosseron, président de l’association agréée pour la protection des rivières ariégeoises, une des six associations écologistes à s’être constituée partie civile, « la justice vient rappeler que le droit d’expression et la liberté de réunion sont des droits constitutionnels, sur l’ensemble du territoire ».