Lyon : Neuf dents cassées, la mâchoire broyée… Deux policiers condamnés à un an de prison avec sursis pour violences

JUGEMENT Les deux fonctionnaires de la BAC étaient jugés pour avoir tabassé un jeune homme en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, en décembre 2019 à Lyon

C.G. avec AFP
Deux policiers de Lyon ont été condamnés ce jeudi à un an de prison avec sursis pour avoir tabassé un jeune homme, en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites. (illustration)
Deux policiers de Lyon ont été condamnés ce jeudi à un an de prison avec sursis pour avoir tabassé un jeune homme, en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites. (illustration) — PHILIPPE DESMAZES/AFP
  • Jugés pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné plus de huit jours d’ITT », deux policiers de la BAC de Lyon ont été condamnés ce jeudi à douze mois de prison avec sursis.
  • Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet.
  • Le 10 décembre 2019, les deux policiers avaient tabassé sans raison un jeune homme de 23 ans, à la fin d’une manifestation contre la réforme des retraites.

Des peines d’un an de prison avec sursis ont été prononcées jeudi à l’encontre de deux policiers de la BAC de Lyon. Le tribunal correctionnel est allé au-delà des réquisitions du ministère public ayant demandé qu’ils soient condamnés à dix mois de prison avec sursis. Le tribunal a estimé que les prévenus avaient « commis une faute personnelle » dans le cadre d’une « scène unique de violences ».

Les deux fonctionnaires étaient jugés pour avoir tabassé sans raison un jeune homme, alors âgé de 23 ans, à la fin d’une manifestation contre la réforme des retraites, le 10 décembre 2019. A l’écart du cortège, Arthur Naciri s’apprêtait à quitter la place Bellecour de Lyon lorsqu’il est passé près du cordon de policiers. Tiré à l’arrière par la capuche de sa veste, mis au sol de force à coups de balayette dans les genoux, le garçon a ensuite été frappé au visage de plusieurs coups de matraque. Bilan : neuf dents cassées et une partie de la mâchoire fracturée.

« Les juges, on ne les abuse pas »

« Je suis très content de la décision qui les reconnaît coupables. Ça fait du bien. Ça fait deux ans et demi qu’on me questionne, qu’on ne me croit pas quand je parle, a réagi l’intéressé en sortie d’audience. Cette fois, la décision a été prise. Je ne peux que m’en féliciter ».

« Les juges, on ne les abuse pas. On ne peut pas leur raconter n’importe quoi quand c’est filmé, quand on est en plein air, quand on est place Bellecour, quand il y a un jeune homme avec la bouche en sang », abonde son avocat Me Thomas Fourrey, se félicitant « d’une décision forte ».

Reconnus « solidairement » coupables de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné plus de huit jours d’ITT », les deux prévenus ont « immédiatement » fait appel de la décision, selon leur avocat Me Laurent-Franck Liénard.



« Une décision très mal rendue »

« Là, nous avons des actes qui sont commis par l’un et par l’autre et les deux sont jugés à la même enseigne. Ce n’est pas possible. C’est une décision qui est très mal rendue », a estimé le conseil des policiers, qui étaient accompagnés à l’audience jeudi d’une quinzaine de collègues.

Les prévenus, qui n’ont pas reconnu les faits reprochés malgré les preuves rapportées en image et qui ont fait preuve d’un zèle déconcertant à la barre, devront en outre verser à titre d’avance la somme de 19.646 euros pour le préjudice moral et corporel. Arthur avait eu 21 jours d’ITT et avait été contraint de débourser plusieurs milliers d’euros en frais dentaires.