Landes : Une « correction » mortelle entre adolescents devant les assises

procès Il y a trois ans, le corps d’un lycéen avait été retrouvé enterré à Yzosse, dans les Landes

20 Minutes avec AFP
La cour d'assises du Rhône, à Lyon.
La cour d'assises du Rhône, à Lyon. — E. Frisullo
  • En février 2020, le corps d’un adolescent de 17 ans avait été découvert enterré dans un champ à Yzosse, dans les Landes.
  • Un jeune homme est jugé pour assassinat et une jeune fille pour complicité devant les assises des Landes à partir de ce jeudi et pour douze jours.
  • La jeune fille a parlé d’un « acte sexuel non consenti » avec la victime et son petit ami aurait voulu lui donner une « correction » avant que les choses ne dégénèrent.

Il y a près de trois ans, le corps d’un lycéen de 17 ans était retrouvé enterré dans un champ à Yzosse (Landes). Le procès d’un jeune homme jugé pour assassinat et d’une jeune fille de 19 ans accusée de complicité, s’est ouvert jeudi à Mont-de-Marsan. Le verdict de la cour est attendu le 9 décembre après 12 jours de débats qui se tiendront à huis clos car les accusés, en détention provisoire avant le procès, étaient mineurs au moment des faits.

Un drame sur fond de rivalité amoureuse

La défense avait plaidé en ce sens, souhaitant « que la justice soit rendue dans une salle d’assises plutôt que sur les trottoirs », selon les termes de Me Arnaud Dupin, avocat de la jeune fille accusée de complicité, âgée de 16 ans à l’époque. Le 1er février 2020, dans cette commune des environs de Dax, les deux mis en cause s’étaient entendus pour donner rendez-vous à la victime dans un lieu isolé, lui faisant croire que seule l’adolescente s’y présenterait, selon l’accusation.

C’est en réalité son petit ami, jugé pour assassinat, qui s’était présenté au rendez-vous, avec des gants et un bâton, pour « donner une bonne correction » à la victime, sur fond de rivalité amoureuse. Il soutient toutefois que la rencontre avait pour unique objet d’obtenir des explications. Pour Me Dupin, la jeune fille a été « dans une situation d’acte sexuel non consenti » avec le lycéen décédé. « C’est sa vérité et j’espère qu’elle sera entendue. » Un argument que balaient les avocats des parents de la victime, venus à l’audience avec un grand portrait de leur fils. « On le fait passer pour ce qu’il n’était pas », déplore Me Nathalie Clément.

L’accusé avait reconnu avoir « serré le cou » de la victime et « frappé sa tête au sol », avant d’enterrer son corps dans un champ, quelques mètres plus loin. Pour son conseil, Me Simon Cohen, les jurés devront garder en tête qu’ils jugent des adolescents, avec « leurs folies, leurs rêveries et leurs emportements ». « Gâcher trois vies parce qu’une a été détruite, je ne crois pas que ce soit juste ou raisonnable, il faut sauver ce qui peut l’être », ajoute-t-il. Un troisième adolescent, actuellement sous contrôle judiciaire, est également jugé pour le délit connexe de non-empêchement d’un crime.

Pas moins de 50 témoins et plus d’une dizaine d’experts défileront devant la cour pendant ces douze jours.