Une amende de 20.000 euros requise contre Eric Zemmour pour sa sortie sur un prénom « insulte à la France »

Le prénom Le polémiste d’extrême droite avait estimé que la chroniqueuse Hapsatou Sy aurait dû s’appeler « Corinne »

20 Minutes avec AFP
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Eric Zemmour avait qualifié en septembre 2018 le prénom de la chroniqueuse Hapsatou Sy d'« insulte à la France » lors d'une émission sur C8.
Eric Zemmour avait qualifié en septembre 2018 le prénom de la chroniqueuse Hapsatou Sy d'« insulte à la France » lors d'une émission sur C8. — Frederic MUNSCH/SIPA

Les démêlés d’Eric Zemmour avec la justice s’enrichissent d’un nouvel épisode. Jugé à Paris pour injure publique à caractère raciale, après avoir qualifié en 2018 le prénom de l’ex-chroniqueuse du groupe Canal+ Hapsatou Sy d'« insulte à la France » lors de l’enregistrement en public d’une émission, le candidat éliminé au premier tour de la dernière présidentielle ne s’est pas présenté à l’audience.

La société de production de l’émission de Thierry Ardisson « Les Terriens du dimanche » avait finalement coupé au montage l’extrait dans lequel Eric Zemmour déclarait que le prénom d’Hapsatou Sy était une « insulte à la France », en raison notamment d’un « fort risque de condamnation juridique ». La séquence telle que diffusée sur C8, et visionnée par le tribunal, s’arrête sur des échanges sur le choix des prénoms.

« Quelque chose de désagréable »

Hapsatou Sy rappelle son prénom à Eric Zemmour, qui rétorque : « Votre mère a eu tort ». « Et vous voudriez que je m’appelle comment ? », rebondit la chroniqueuse. « Corinne », lui répond l’invité de l’émission, enregistrée en public. Dans un face-à-face suivant, coupé au montage, la chroniqueuse déclare : « Ce que vous venez de dire est une insulte à la France ». « Mademoiselle, c’est votre prénom qui est une insulte à la France », affirme en retour Eric Zemmour.

La chroniqueuse avait diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo filmée par une maquilleuse contenant ce passage coupé et porté plainte avec constitution de partie civile. Pour la défense du polémiste, ces propos ayant été coupés au montage, ils ne peuvent être poursuivis. L’avocat d’Eric Zemmour, Me Olivier Pardo, a soutenu d’autre part que l’affirmation de son client, qui avait pu être ressentie par Hapsatou Sy comme « quelque chose de désagréable », ne constituait pas dans le droit « une injure à caractère racial ». Il a plaidé la relaxe.

« On ne peut pas insulter sous prétexte de la liberté d’expression »

Pour l’accusation, Eric Zemmour, un « habitué des polémiques » qui « maîtrise sa parole », s’est bien rendu coupable de ce délit. « Les limites de la liberté d’expression ont été franchies », a estimé la procureure. Elle a requis une amende de 20.000 euros à l’encontre d’Eric Zemmour, soit 100 jours-amende à 200 euros, qui peuvent se transformer en emprisonnement en cas de non-paiement. Le verdict sera rendu le 12 janvier.



« On ne peut pas insulter sous prétexte de la liberté d’expression », a de son côté déclaré Hapsatou Sy, 41 ans, qui a décrit à la barre la « vague de haine » qu’elle subissait depuis quatre ans. « Mise au placard » après cette émission, l’ex-chroniqueuse avait finalement démissionné du groupe Canal+ en août 2021. Elle a indiqué être désormais « entrepreneur dans les cosmétiques ».