Affaire Hassan Iquioussen : Les avocats de l’imam ont saisi la justice pour diffamation contre Gérald Darmanin

PLAINTE Ils contestent notamment la déclaration du ministre de l’Intérieur sur BFMTV durant laquelle il a qualifié l’imam de « délinquant, fuyard et séparatiste »

20 Minutes avec AFP
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Des manifestants tiennent des pancartes sur lesquelles on peut lire "Les musulmans ne sont pas des boucs émissaires" et "Liberté pour Iquioussen" lors d'un rassemblement de soutien à l'imam Hassan Iquioussen, place de la République à Paris, France, samedi 3 septembre 2022.
Des manifestants tiennent des pancartes sur lesquelles on peut lire "Les musulmans ne sont pas des boucs émissaires" et "Liberté pour Iquioussen" lors d'un rassemblement de soutien à l'imam Hassan Iquioussen, place de la République à Paris, France, samedi 3 septembre 2022. — Francois Mori/AP/SIPA

Les avocats de l’imam marocain Hassan Iquioussen, réclamé par la justice française pour s’être soustrait à un arrêté d’expulsion, ont saisi la justice pour diffamation publique à l’encontre de leur client par Gérald Darmanin, a-t-on appris ce vendredi de source judiciaire.

Les avocats de l’imam, âgé de 58 ans, ont utilisé une procédure de citation directe pour saisir le tribunal. Dans cette citation directe, consultée par l’AFP, les avocats reprochent au ministre de l’Intérieur des propos qu’ils jugent diffamatoires à l’égard d’Hassan Iquioussen.

Refus d’extradition

Ils contestent notamment des déclarations du ministre de l’Intérieur sur BFMTV le 2 septembre dernier, dans lesquelles il présentait l’imam comme « un délinquant, un fuyard et un séparatiste » ou affirmait que « M. Iquioussen, qui a des choses à se reprocher, s’est soustrait à la décision de justice ».

Hassan Iquioussen a déjà remporté ce vendredi une première manche devant un tribunal de Belgique, où il s’est exilé. Après avoir auditionné à huis clos l’imam, qui conteste son extradition, la chambre du conseil du tribunal de Tournai (ouest de la Belgique) « a refusé la remise à la France », a annoncé à l’AFP son avocat belge Nicolas Cohen. Le parquet de Tournai a annoncé avoir interjeté appel.



Une expulsion… avortée

Hassan Iquioussen, arrêté le 30 septembre en Belgique francophone, est sous le coup d’un arrêté d’expulsion. Fin juillet, Gérald Darmanin avait annoncé l’expulsion de ce prédicateur du Nord, fiché S (pour sûreté de l’Etat) par les services de renseignement « depuis dix-huit mois », selon lui. Mais Hassan Iquioussen était introuvable au moment où cet arrêté, qu’il avait contesté devant la justice, avait été définitivement validé par le Conseil d’Etat le 31 août.

Selon son avocate, Me Lucie Simon, son client a « respecté purement et simplement la loi française en quittant l’Hexagone pour la Wallonie ». L’avocate avait contesté la validité du mandat d’arrêt émis par un juge de Valenciennes (nord), estimant qu’il se fonde « sur une infraction pas constituée ».

Né en France, Hassan quioussen avait décidé à sa majorité de ne pas opter pour la nationalité française. Il affirme y avoir renoncé à 17 ans sous l’influence de son père, et avoir ensuite tenté en vain de la recouvrer. Ses cinq enfants et ses 15 petits-enfants sont eux Français et implantés dans le Nord de la France : un fils est imam à Raismes, un autre ex-élu PS à Lourches.