Toulouse : Perpétuité confirmée pour les deux principaux accusés dans l’affaire du « tueur à la burqa »

PROCES En juillet 2017, un homme de 27 ans avait été abattu lors d’une fusillade par un homme déguisé en femme voilée, une kalachnikov cachée dans sa poussette

20 Minutes avec AFP
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Immeubles HLM dans le quartier de la Reynerie. 4/04/2011 Toulouse
Immeubles HLM dans le quartier de la Reynerie. 4/04/2011 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

La fusillade avait eu lieu le 3 juillet 2017, au pied des immeubles du quartier de la Reynerie, à Toulouse. En début de soirée, un homme de 27 ans, Djamel Tarhi, avait été abattu de plusieurs balles tirées par un homme caché sous une burqa, ayant poussé la comédie jusqu’à avoir une poussette où une kalachnikov était cachée. Dans cette fusillade, sept autres personnes avaient été blessées. Ce vendredi, lors de leur procès en appel devant les Assises du Tarn, Walid Derqaoui et Abdelkader Ramdani, soupçonnés d’être les principaux auteurs, ont vu leur peine de réclusion à perpétuité confirmée. 

La condamnation de Walid Derqaoui, considéré comme le commanditaire, a été aggravée, puisqu’elle est assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, suivant en cela les réquisitions de l’avocat général.

Règlements de compte

Trois autres hommes, accusés d’avoir fourni des armes ou un soutien logistique aux tueurs et de les avoir hébergés, ont eu leurs peines légèrement réduites ou confirmées : 22 ans pour Jamel Bettouati, 15 ans pour Kamel Bettouati et 12 ans pour Yacine Frikass. Pour Pierre Dunac, l’avocat de ce dernier, si la condamnation « est à la baisse, elle n’est pas satisfaisante » car « ce garçon nie toute implication ». Il a par ailleurs indiqué se pourvoir en cassation « par nécessité » pour son client. Nicolas Raynaud de Lage, qui défendait l’une des familles partie civile, a de son côté estimé que « le verdict est satisfaisant ».

Les éléments de l’enquête confiée à la police judiciaire ont établi que la victime avait été tenue pour responsable de l’assassinat de l’un des frères de Walid Derqaoui, sur fond de rivalités dans le trafic de drogue qui gangrène les quartiers de Bagatelle et La Reynerie.

En 2021, l’avocat général de la cour d’assises de Haute-Garonne, David Sénat, avait qualifié Walid Derqaoui de « commanditaire tueur et bénéficiaire de l’exécution », considérant Abdelkader Ramdani comme « son prestataire de services, son tueur à gages ».