Lozère : Trente ans de prison pour l’homme qui a voulu « connaître la sensation de tuer »

ASSISES Cette peine a été assortie d’une période de sûreté de 20 ans et d’une injonction de soins

Jérôme Diesnis
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Illustration d'une cour d'assises.
Illustration d'une cour d'assises. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Mathieu Danel a été condamné à trente ans de réclusion jeudi à l’issue de son procès en appel par la cour d’assises de la Lozère.
  • Le 19 juin 2018, il avait tué une auto-stoppeuse avant de se dénoncer deux jours plus tard, expliquant avoir voulu « connaître la sensation d’ôter la vie ».
  • La peine est moins lourde que lors de son premier jugement en janvier devant les assises du Gard, où il avait écopé de la perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

Mathieu Danel a été condamné à trente ans de réclusion jeudi à l’issue de son procès en appel par la cour d’assises de la Lozère. Cette peine a été assortie d’une période de sûreté de vingt ans et d’une injonction de soins. Elle est moins lourde que celle prononcée lors d’un premier jugement devant les assises du Gard en janvier. Il avait alors été condamné à la prison à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

Le 21 juin 2018, cet homme jusque-là sans histoire, alors âgé de 23 ans, s’était présenté au commissariat de sa ville natale de Montélimar pour avouer un homicide commis deux jours plus tôt à Sommières, dans le Gard. Après avoir dîné avec sa future victime, Claire Reynier, une femme de 39 ans qu’il avait prise en auto-stop, il l’avait tuée de 17 coups très violents d’une dague de chasse achetée trois semaines plus tôt.

La préméditation reconnue

Pendant le procès, il a répété avoir voulu « connaître la sensation d’ôter la vie » et voir s’il en éprouverait du plaisir ou du dégoût, a-t-il tenté d’expliquer, affirmant qu’il n’avait finalement rien ressenti.

Mercredi, devant les assises de la Lozère, à Mende, l’avocat général avait réclamé à son encontre la confirmation de sa peine de prison à vie. Il avait demandé d’assortir cette perpétuité d’une période de sûreté de 18 ans. Après un délibéré de cinq heures, la cour d’assises de la Lozère a donc à nouveau reconnu Mathieu Danel coupable de meurtre avec préméditation, allégeant cependant sa peine.

Des larmes à l’évocation de sa victime

Depuis l’ouverture de son second procès lundi, l’accusé avait répété qu’il ne s’était décidé qu’à la dernière minute, même s’il avait le fantasme de commettre un meurtre depuis des années. « Le verdict est meilleur qu’en première instance, c’est rare. C’est à mettre [à son] crédit », a confié son avocat, Jérôme Arnal. « Cela lui offre une perspective de reprendre vie, d’un avenir », a-t-il ajouté.

Alors qu’il s’était toujours montré extrêmement froid depuis son arrestation il y a quatre ans, devant les enquêteurs comme à son premier procès, Mathieu Danel avait versé ses premières larmes mercredi en évoquant sa victime. Le fruit selon lui de la thérapie entamée en prison, qui lui permet de commencer à ressentir des émotions. « Je sais que j’ai encore le temps de continuer cette thérapie. Claire, je lui ai pris soixante ans », avait-il dit.