Un homme condamné pour harcèlement en ligne et menaces à l’encontre de la journaliste Christine Kelly

procès Le prévenu avait adressé plusieurs messages à la journaliste de CNews, la traitant notamment de « potiche aliénée »

20 Minutes avec agences
Christine Kelly, lors de la cérémonie de remise des de trophées internationaux du stylographe, le 26 septembre 2022,.
Christine Kelly, lors de la cérémonie de remise des de trophées internationaux du stylographe, le 26 septembre 2022,. — Woytek Konarzewski/SIPA

Un homme de 50 ans a été condamné ce mercredi en son absence à Paris à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir harcelé en ligne la journaliste de CNews Christine Kelly. Le jugement impose en outre une interdiction de contact de Patrick K. avec la journaliste pendant cinq ans, ainsi qu’un stage de citoyenneté et le versement de 10.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral.

Absent à l’audience du 28 septembre et non représenté par un avocat, cet ingénieur informaticien d’origine camerounaise se présentant comme « écrivain », avait rédigé, en novembre 2021, un mail suivi de plusieurs messages sur la ligne privée de la journaliste de CNews en la menaçant de « l’échafaud médiatique ». « Le couperet tombera immanquablement sur votre tête bien faite », menaçait-il.

« Une peine exemplaire »

Plus tôt, en 2020, il avait posté une « lettre ouverte » sur les réseaux sociaux où il s’en prenait avec véhémence à la journaliste, la traitant notamment de « potiche aliénée », de « négresse blanche », de « gourde » et de « cruche ». Le tribunal est allé au-delà des réquisitions de la procureure qui, parlant de messages « virulents, insultants, dénigrants et humiliants », avait requis un an avec sursis et 1.000 euros d’amende.



« C’est un vrai message pour tous ceux qui harcèlent en ligne, avec la circonstance aggravante des menaces », s’est félicité mercredi l’un des conseils de Christine Kelly, Me Arash Derambarsh. « On ne peut pas se draper derrière une forme artistique ou humoristique pour porter atteinte à l’intégrité d’une femme, qui plus est journaliste », a-t-il ajouté. « C’est une peine exemplaire et un message fort pour toutes les femmes victimes de violences et de harcèlement », a estimé Me Besma Maghrebi, elle aussi avocate de la partie civile. Présente pour le jugement mercredi, la journaliste de CNews a indiqué qu’elle souhaitait verser les 10.000 euros de dommages et intérêts à son association dédiée aux familles monoparentales, K d’urgences. Le prévenu a dix jours pour faire appel.